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Le défi (par Yéfimia)
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Le défi (par Yéfimia)
Le défi
Les vents étranges soufflent blessant les yeux enfermés,
Je rêve de toi éveillé, je vagabonde dans l’oasis du monde écrasé.
Les tambours de guerre énoncent le bruit des bottes de soldats,
Emballées dans la gloire de leurs propres honneurs.
J’écris ce poème par défi avec mes ongles sur le ciel brûlant,
Je le dicte à la pluie et dans la tempête d’abomination, je déverse tout.
Avec mes mains j’arrache le silence des oreilles cousues de l’humanité
Et je hurle à voix basse, je lève la bourrasque portée par mes larmes,
Pour les cibles manquées d’hommes volant dans les nuages.
Je sonne la trompette d’alarme et je cris fort dans les cœurs,
Dans un dernier appel au monde, je prononce le nom, toi.
Aux chercheurs de bonheur, sur leurs visages en glaise,
Je creuse les rides de sourires, le dernier karma du néant,
Au travers d’assauts aveuglés dans les entrailles d'un pur mensonge.
Ne te réjouis pas trop ma sœur, d’un jour oh combien ordinaire,
Car il ne t'est pas donné de dormir un siècle entier.
J’écris ce poème de défi, le plus bestial que les mots ont connus,
Je suffoque dans les vagues d’espérance et je fais appel à ceux
Qui jurent, qui mordent et qui aboient, et aux autres aussi,
Qui vendent notre peau pour l’instant de leur gloire inculte,
Ceux qui envoient nos enfants dans l’illusion de leurs temps
Débordant d’espoir de pouvoir dicter de leurs tombeaux
Dans nos sens fanés, sans savoir qui ils sont réellement.
Je ne veux plus me taire : de guerres, malheurs et douleurs
D’enfants sans rêves, sans lendemain et sans joie.
Réveilles toi pantin grotesque, nous ne sommes pas tes ordures
Encore moins les pauvres fous dans ta main d’acier.
Nos tristesses me font mal, je ne peux plus me voiler :
Des amoureux oubliés sous la pluie, avec les bouquets blancs,
Qui font tomber les sourires moisis d’attente et d’espérance,
Que peut-être quelqu’un verra cachés sous leurs ombres.
Je regarde avec tristesse les héros pendus sur la porte de la ville,
Suspendus comme des poupées en chiffons, secouant les têtes en sourdine,
Lorsque les chacals éparpillent leur semence et remplissent leurs veines
De l’insupportable trahison d’honneur de l’humanité.
J’écris ce poème par défi, pour les Eskimos et l’Erythrée,
Car mes proches ne m’entendent plus, assourdis par la gloire,
S’imaginant aux cimes du monde en effervescence,
Sous lequel rompent les nuages et les membres survivants,
De notre petite tribu qui fane sous les ombres des grands.
Pour toi j’ai ciselé ces lettres sur la toile de la galaxie,
Pour que tu te rappelles de moi quand les souvenirs s’en vont
Quand la rosée faite de larmes les couvre au petit matin,
Souvenirs de quelqu’un dont tu ne connais même pas le nom,
Qui ne sait pas comment tu embrasses lorsque tu rêves à l’amour,
Ni avec quelle plume tu écris ton désarroi et ta tristesse,
Cherchant en vain de nouveaux amours pour te retrouver.
Je proteste à cause de la peine, les douleurs , lesmalheurs,
A cause de la solitude enchaînée aux poignets de grand frère,
A cause de la longue file d’attente pour la miséricorde,
Du seul jour de la vie où l’amour sera ton véritable remède
Contre cette solitude, cette tristesse et contre toi même.
Je maudis les nuits sans liberté, quand la pluie tombe du bas ;
Du peuple vers le ciel, d’espoirs et désirs et du rêve,
Déversant dans l’immense ciel dépourvu de soleil.
Je proteste contre les kamikazes qui offrent nos têtes
Pour leur meilleur lendemain et la grande richesse.
J’écris pour toi ce poème et je le cloue sur ta porte,
Sur les décombres faits avec des mains de glaise
Qui portent nos cœurs enflammés aux portes du paradis.
Je dédie ce poème de défi à toi et au monde entier,
Je proteste contre la famine et contre la vulgarité des scribes,
Et tous ces vieillards qui en dépit d’eux mêmes
Nous pendent sur les champs de honte et de désastres
Envoyant nos enfants mourir pour leurs causes perverses,
Et aboient, célébrant le rachat de nos âmes disparues.
J’écris aussi pour ces dames qui se vendent la nuit,
Car elles savent que les petits êtres attendent leurs retours,
La mère avec une croûte de pain pour nourrir son enfant.
J’écris pour leurs maris à qui la balle à figé le sourire à jamais,
Qui n’ont laissés qu’une ombre et des larmes sur notre mur de honte.
J’écris ce poème insolant sur les entrailles des ténèbres,
Pour percer le sourd silence et laisser la lumière pénétrer,
De ce ciel qui nous observe avec tristesse et compassion,
Lorsqu’on prie un nouveau dieu sans même croire à l’ancien.
Je proteste contre toi qui ferme les yeux devant le ciel
Dans lequel le scintillement d'étoiles, je moissonne pour toi,
Et je proteste aussi contre ma colère et je me colle un blâme public,
D’écrire des poèmes de défis, de t’embrasser et de perdurer.
Yéfi 2010
Les vents étranges soufflent blessant les yeux enfermés,
Je rêve de toi éveillé, je vagabonde dans l’oasis du monde écrasé.
Les tambours de guerre énoncent le bruit des bottes de soldats,
Emballées dans la gloire de leurs propres honneurs.
J’écris ce poème par défi avec mes ongles sur le ciel brûlant,
Je le dicte à la pluie et dans la tempête d’abomination, je déverse tout.
Avec mes mains j’arrache le silence des oreilles cousues de l’humanité
Et je hurle à voix basse, je lève la bourrasque portée par mes larmes,
Pour les cibles manquées d’hommes volant dans les nuages.
Je sonne la trompette d’alarme et je cris fort dans les cœurs,
Dans un dernier appel au monde, je prononce le nom, toi.
Aux chercheurs de bonheur, sur leurs visages en glaise,
Je creuse les rides de sourires, le dernier karma du néant,
Au travers d’assauts aveuglés dans les entrailles d'un pur mensonge.
Ne te réjouis pas trop ma sœur, d’un jour oh combien ordinaire,
Car il ne t'est pas donné de dormir un siècle entier.
J’écris ce poème de défi, le plus bestial que les mots ont connus,
Je suffoque dans les vagues d’espérance et je fais appel à ceux
Qui jurent, qui mordent et qui aboient, et aux autres aussi,
Qui vendent notre peau pour l’instant de leur gloire inculte,
Ceux qui envoient nos enfants dans l’illusion de leurs temps
Débordant d’espoir de pouvoir dicter de leurs tombeaux
Dans nos sens fanés, sans savoir qui ils sont réellement.
Je ne veux plus me taire : de guerres, malheurs et douleurs
D’enfants sans rêves, sans lendemain et sans joie.
Réveilles toi pantin grotesque, nous ne sommes pas tes ordures
Encore moins les pauvres fous dans ta main d’acier.
Nos tristesses me font mal, je ne peux plus me voiler :
Des amoureux oubliés sous la pluie, avec les bouquets blancs,
Qui font tomber les sourires moisis d’attente et d’espérance,
Que peut-être quelqu’un verra cachés sous leurs ombres.
Je regarde avec tristesse les héros pendus sur la porte de la ville,
Suspendus comme des poupées en chiffons, secouant les têtes en sourdine,
Lorsque les chacals éparpillent leur semence et remplissent leurs veines
De l’insupportable trahison d’honneur de l’humanité.
J’écris ce poème par défi, pour les Eskimos et l’Erythrée,
Car mes proches ne m’entendent plus, assourdis par la gloire,
S’imaginant aux cimes du monde en effervescence,
Sous lequel rompent les nuages et les membres survivants,
De notre petite tribu qui fane sous les ombres des grands.
Pour toi j’ai ciselé ces lettres sur la toile de la galaxie,
Pour que tu te rappelles de moi quand les souvenirs s’en vont
Quand la rosée faite de larmes les couvre au petit matin,
Souvenirs de quelqu’un dont tu ne connais même pas le nom,
Qui ne sait pas comment tu embrasses lorsque tu rêves à l’amour,
Ni avec quelle plume tu écris ton désarroi et ta tristesse,
Cherchant en vain de nouveaux amours pour te retrouver.
Je proteste à cause de la peine, les douleurs , lesmalheurs,
A cause de la solitude enchaînée aux poignets de grand frère,
A cause de la longue file d’attente pour la miséricorde,
Du seul jour de la vie où l’amour sera ton véritable remède
Contre cette solitude, cette tristesse et contre toi même.
Je maudis les nuits sans liberté, quand la pluie tombe du bas ;
Du peuple vers le ciel, d’espoirs et désirs et du rêve,
Déversant dans l’immense ciel dépourvu de soleil.
Je proteste contre les kamikazes qui offrent nos têtes
Pour leur meilleur lendemain et la grande richesse.
J’écris pour toi ce poème et je le cloue sur ta porte,
Sur les décombres faits avec des mains de glaise
Qui portent nos cœurs enflammés aux portes du paradis.
Je dédie ce poème de défi à toi et au monde entier,
Je proteste contre la famine et contre la vulgarité des scribes,
Et tous ces vieillards qui en dépit d’eux mêmes
Nous pendent sur les champs de honte et de désastres
Envoyant nos enfants mourir pour leurs causes perverses,
Et aboient, célébrant le rachat de nos âmes disparues.
J’écris aussi pour ces dames qui se vendent la nuit,
Car elles savent que les petits êtres attendent leurs retours,
La mère avec une croûte de pain pour nourrir son enfant.
J’écris pour leurs maris à qui la balle à figé le sourire à jamais,
Qui n’ont laissés qu’une ombre et des larmes sur notre mur de honte.
J’écris ce poème insolant sur les entrailles des ténèbres,
Pour percer le sourd silence et laisser la lumière pénétrer,
De ce ciel qui nous observe avec tristesse et compassion,
Lorsqu’on prie un nouveau dieu sans même croire à l’ancien.
Je proteste contre toi qui ferme les yeux devant le ciel
Dans lequel le scintillement d'étoiles, je moissonne pour toi,
Et je proteste aussi contre ma colère et je me colle un blâme public,
D’écrire des poèmes de défis, de t’embrasser et de perdurer.
Yéfi 2010
Dernière édition par Yéfimia le Ven 5 Fév - 18:56, édité 1 fois

Yéfimia-

Nombre de messages: 168
Age: 59
Localisation: France
Date d'inscription: 03/02/2010
Re: Le défi (par Yéfimia)
Il y a dans ce poème ... de superbes images :
"Pour toi j’ai ciselé ces lettres sur la toile de la galaxie,
Pour que tu te rappelles de moi quand les souvenirs s’en vont
Quand la rosée faite de larmes les couvre au petit matin,"
"j’arrache le silence des oreilles cousues de l’humanité"
C'est un poème très "dur" car il est rempli de vérités que nous ne sommes pas toujours prêts à entendre ... Le rôle du poète n'est-il pas de secouer parfois les lecteurs pour les mettre face à la réalité ? ...
Je trouve ce poème à la fois beau et profond ...
Marie
"Pour toi j’ai ciselé ces lettres sur la toile de la galaxie,
Pour que tu te rappelles de moi quand les souvenirs s’en vont
Quand la rosée faite de larmes les couvre au petit matin,"
"j’arrache le silence des oreilles cousues de l’humanité"
C'est un poème très "dur" car il est rempli de vérités que nous ne sommes pas toujours prêts à entendre ... Le rôle du poète n'est-il pas de secouer parfois les lecteurs pour les mettre face à la réalité ? ...
Je trouve ce poème à la fois beau et profond ...
Marie
_________________
La poésie est une sorte de musique, il faut l'entendre pour en juger ..(Voltaire)


Marie- Admin
-

Nombre de messages: 1904
Age: 61
Localisation: Canada
Date d'inscription: 15/06/2008
Re: Le défi (par Yéfimia)
Comme Marie, je dirai que c'est un poème très dur. Beaucoup de vérités parfois difficiles à admettre.
Amitiés

Amitiés

_________________
Seuls l'amour et l'art transcendent la mort. (Guy Rancourt)
Re: Le défi (par Yéfimia)
En effet ce poème est né dans la douleur suite à une longue réflexion. Je le considère comme le plus aboutie de ma courte expérience de poète.
Pendant en certain temps, j’ai sérieusement songé de déposé ma plume ne croyant pas pouvoir dire de plus.
Mais j’aime écrire.
Amitiés pour tous
Yéfi
Pendant en certain temps, j’ai sérieusement songé de déposé ma plume ne croyant pas pouvoir dire de plus.
Mais j’aime écrire.
Amitiés pour tous
Yéfi

Yéfimia-

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Date d'inscription: 03/02/2010
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