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Paroles gnostiques (par Chingachgook)
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Paroles gnostiques (par Chingachgook)
Paroles gnostiques
« L'angoisse et la misère accompagnent l'existence comme la rouille couvre le fer. » (Basilide)
En aucune façon ce monde n'est de moi
et je ne suis de lui en aucune façon.
Je m'y sens étranger, si bien que quelquefois,
en recherchant la cause y sombre ma raison.
J'ai toujours et partout le regret d'un ailleurs,
d'un autre univers dont me désole la perte.
J'ai l'amer souvenir d'un âge aux jours meilleurs
et j'en conserve au coeur une plaie grande ouverte.
Mon mental supplicié se cogne aux étoiles
qui scintillent là-haut, les chaudes nuits d'été
et que les esprits lourds, prisonniers de ses mailles,
ne peuvent voir briller qu'au travers du filet.
Leurs pâlottes idées n'ont que des moignons d'ailes;
ils s'étonnent pourtant de ne savoir voler,
sans s'abstenir jamais de juger ceux et celles
qui vers le firmament rêvent de s'élancer...
Leurs débiles plaisirs me laissent indifférent.
Qu'ils jouissent, vautrés dans une boue immonde;
pourquoi donc ai-je ainsi dû chuter dans ce temps ?
Que maudit soit le jour où je fus mis au monde !
Paris Mi-Novembre 1977
Dernière édition par Chingachgook le Mer 22 Fév - 14:39, édité 1 fois
Re: Paroles gnostiques (par Chingachgook)
Paroles gnostiques
« L'angoisse et la misère accompagnent l'existence comme la rouille couvre le fer. » (Basilide)
En aucune façon ce monde n'est de moi
et je ne suis de lui en aucune façon.
Cela peut se discuter : le "monde" étant la façon de ce qui est de se déployer à travers nous, l'être de l'univers n'est pas de nous,
mais son existence, la forme qu'il a pris à travers notre vie, est DE nous, même si collectivement toute l'humanité aussi, à travers le temps, est co-responsable de cette forme...
Au reste :
Leurs débiles plaisirs me laissent indifférent. (6)
Un pied de trop.
Mon mental supplicié se cogne aux étoiles (5)
Un pied de pas assez.
ÇA MÉRITERAIT DE RECTIFIER LA PROSODIE PUISQUE TU AS TOUT MIS EN ALEXANDRINS RÉGULIERS, ET QUE LE POÈME LE VAUT.
Mon mental supplicié se cogne aux étoiles
qui scintillent là-haut, les chaudes nuits d'été
et que les esprits lourds, prisonniers de ses mailles,
ne peuvent voir briller qu'au travers du filet.
Si [i]filet et été sont des rimes pauvres, étoiles et mailles ne sont pas des rimes mais seulement des assonnances.
Quand à "ses" mailles (possessif), le "ses" renvoie à qui ? Je lis : "les esprits lourds sont prisonniers des mailles de ton mental supplicié" et pardonne-moi mais je ne saisis pas le sens et je crois que tu voulais dire autre chose... Ou alors "ses" anticipe "filet" ? Mais quel filet ? Pour ma part, je comprendrais, "le filet que la pensée jette sur le haos universel pour lui imposer du sens ?" Mais un public, disons normal, ne me paraît pas accéder aisément à pareille conception, qui suppose justement une distinction ontologique entre l'être (le Chaos étranger à la pensée) et l'existant (le Cosmos) qui est le "monde" - les mondes - tel(s) que les humains se le fabriquent en lançant le filet d'une pensée logique arbitraire dans l'abîme du chaos, par la poésie par exemple (celle de la science comme une autre) ou les croyances, pour voir ce qu'il en peuvent retirer comme "dévris" donnant pouvoir sur ce chaos...
Amitiés
Invité- Invité
Re: Paroles gnostiques (par Chingachgook)
Me revoilà !
Merci Lasource de t'être donné la peine de te pencher sur ce poème dactylographié voici une quarantaine d'années et repris tel quel. Sur le fond, tu as compris que dans mon esprit l'adjectif possessif « ses » anticipait les mailles du filet, qui était pour moi la représentation d'une pensée dite logique jetée sur le chaos primordial. Un peu abstrait, j'admets. A présent je ne suis plus sûr de rien et le doute a remplacé de vagues espoirs de Connaissance. En fait tout peut être considéré comme gnostique et je sais que finalement je ne sais rien ou si peu...
Plus prosaïquement -si j'ose écrire !- sur la forme, la prosodie me pose parfois problème, le compte des syllabes variant suivant les liaisons, marquées ou pas, et l'utilisation de la diérèse ou de la synérèse. Pour le mot « religion » par exemple (au hasard...) 4 syllabes si diérèse : re/li/gi/on, ou 3 si synérèse : re/li/gion. C'est bien ça ? On fait comment alors ? Ainsi pour « supplicié » je pensais à l'époque qu'il fallait compter 4 syllabes ce qui faisait bien pour moi 12 pieds. Tu m'as déjà conseillé de déclamer les syllabes à chaque pas. J'essaie et ça colle quelquefois, encore faut-il que je connaisse au préalable le nombre théorique des syllabes du mot choisi. Je n'ai pas honte d'apprendre à mon âge; en outre l'écriture est un bon dérivatif et une excellente thérapie contre les idées noires et les pépins de santé. Je suis parfois qualifié d' « infernal » par les miens et si ça continue je vais peut-être imiter l'Hippolyte de Racine et scander : «Tant de coups imprévus m'accablent à la fois/ Qu'ils m'ôtent la parole et m'étouffent la voix »...
Pour ledit poème il n'y a qu'à remplacer « me laissent indifférent » (je n'avais pas fait la liaison) par « me sont indifférents », « supplicié » par « martyrisé » et « de ses mailles » par « des mailles ». Le compte sera bon.
Le misérable moinillon que je suis tend humblement son bol ébréché dans l'espoir qu'il soit rempli de grains de riz poétiques. Au fait merci pour le calameo sur Xavier Bordes. J'apprécie.
J'espère que mes questions sur la technique pour apprendre à bien versifier sont utiles à d'autres. Je ne voudrais pas donner le sentiment de tirer la couverture à moi.
A +.
Merci Lasource de t'être donné la peine de te pencher sur ce poème dactylographié voici une quarantaine d'années et repris tel quel. Sur le fond, tu as compris que dans mon esprit l'adjectif possessif « ses » anticipait les mailles du filet, qui était pour moi la représentation d'une pensée dite logique jetée sur le chaos primordial. Un peu abstrait, j'admets. A présent je ne suis plus sûr de rien et le doute a remplacé de vagues espoirs de Connaissance. En fait tout peut être considéré comme gnostique et je sais que finalement je ne sais rien ou si peu...
Plus prosaïquement -si j'ose écrire !- sur la forme, la prosodie me pose parfois problème, le compte des syllabes variant suivant les liaisons, marquées ou pas, et l'utilisation de la diérèse ou de la synérèse. Pour le mot « religion » par exemple (au hasard...) 4 syllabes si diérèse : re/li/gi/on, ou 3 si synérèse : re/li/gion. C'est bien ça ? On fait comment alors ? Ainsi pour « supplicié » je pensais à l'époque qu'il fallait compter 4 syllabes ce qui faisait bien pour moi 12 pieds. Tu m'as déjà conseillé de déclamer les syllabes à chaque pas. J'essaie et ça colle quelquefois, encore faut-il que je connaisse au préalable le nombre théorique des syllabes du mot choisi. Je n'ai pas honte d'apprendre à mon âge; en outre l'écriture est un bon dérivatif et une excellente thérapie contre les idées noires et les pépins de santé. Je suis parfois qualifié d' « infernal » par les miens et si ça continue je vais peut-être imiter l'Hippolyte de Racine et scander : «Tant de coups imprévus m'accablent à la fois/ Qu'ils m'ôtent la parole et m'étouffent la voix »...
Pour ledit poème il n'y a qu'à remplacer « me laissent indifférent » (je n'avais pas fait la liaison) par « me sont indifférents », « supplicié » par « martyrisé » et « de ses mailles » par « des mailles ». Le compte sera bon.
Le misérable moinillon que je suis tend humblement son bol ébréché dans l'espoir qu'il soit rempli de grains de riz poétiques. Au fait merci pour le calameo sur Xavier Bordes. J'apprécie.
J'espère que mes questions sur la technique pour apprendre à bien versifier sont utiles à d'autres. Je ne voudrais pas donner le sentiment de tirer la couverture à moi.
A +.
Re: Paroles gnostiques (par Chingachgook)
Cher ami, j'ai un travail fou, faut que je fasse des articles "universitaires", etc. Et ça m'ennuie, alors je te réponds à la place :
Pour la diérèse, si tu l'emploies, ça devra être systématique en
principe dans tout le poème à partir de la première qui arrive. On peut
la faire ou ne pas la faire, bien sûr. Mais de toutes façons, quelle importance : quasiment plus personne ne respecte les règles anciennes.
Je t'ai conseillé de rythmer sans te tracasser, mais évidemment, en théorie on doit quand même tenir compte de l'orthographe (laissent).
Sois pas "infernal" va, nous sommes tous mortels.
On a commencé à l'être en naissant. Est-ce que ce tas de cellules que
j'appelle "moi" est si important ? Comme disait Epicure : tant qu'on est vivant, la mort n'est pas là. Pourquoi se biler et anticiper au lieu de vivre maintenant ? Et quand on est mort, on se fout de tout en quelque sorte, plus rien n'importe. "La mort, ce peu profond ruisseau calomnié" disait Mallarmé.
AVE, moinillon, le safran te va bien !
Pour la diérèse, si tu l'emploies, ça devra être systématique en
principe dans tout le poème à partir de la première qui arrive. On peut
la faire ou ne pas la faire, bien sûr. Mais de toutes façons, quelle importance : quasiment plus personne ne respecte les règles anciennes.
Je t'ai conseillé de rythmer sans te tracasser, mais évidemment, en théorie on doit quand même tenir compte de l'orthographe (laissent).
Sois pas "infernal" va, nous sommes tous mortels.
On a commencé à l'être en naissant. Est-ce que ce tas de cellules que
j'appelle "moi" est si important ? Comme disait Epicure : tant qu'on est vivant, la mort n'est pas là. Pourquoi se biler et anticiper au lieu de vivre maintenant ? Et quand on est mort, on se fout de tout en quelque sorte, plus rien n'importe. "La mort, ce peu profond ruisseau calomnié" disait Mallarmé.
AVE, moinillon, le safran te va bien !
Invité- Invité
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