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le cahier rouge du Père Joseph - XIX(par r.n.rodrigues)
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le cahier rouge du Père Joseph - XIX(par r.n.rodrigues)
Chapitre XVIII - Deux histoires courtes…
Hier matin, j'ai trouvé un cahier dans les ordures, de la rue Afonso Pena, sur le trottoir devant la maison 503 où était le magasin de Maître Bambe, ce cahier contenait des textes écrits par le fils de maître Bambe.
Aujourd'hui je n'ai pas travaillé, j'ai déambulé dans les rues du quartier du Desterro, traînant dans les tavernes en buvant l'eau-de-vie. J’ai appris qui était le fils de maître Bambe. Leur maison avait été vendue en 1988. Je suis rentré vers les deux heures de l'après-midi. J'ai acheté de quoi déjeuner et dîner dans le restaurant du Marché.
Maintenant je vais lire le cahier qui contient plusieurs histoires, et des poèmes et sortis de l’imagination du fils de maître Bambe. Je vais vous en offrir quelques-uns.
Première histoire courte…
Le jour le plus heureux de notre vie…
C'était un lundi matin de l'année 1983. Nous habitions encore dans la rue Afonso Pena 503, dans mon cher quartier du Desterro où je suis né. Mon père était marchand et son magasin se trouvait devant notre maison. On y vendait toutes sortes de marchandises pour la construction, mais nous avions des difficultés financières. Mon père devait beaucoup et les ventes étaient faibles. Il souffrait et ne dormait pas bien, toujours préoccupé par ses dettes, il était au bord de la folie. Alors toutes les semaines il jouait à la loterie avec l’espoir de gagner de quoi nous sortir de nos ennuis.
- « Je ne bois pas et je ne fume pas» disait-il, « mais je joue et qui sait un jour peut être nous gagnerons. »
Mais au fond de lui il n’y croyait pas, même s’il continuait à jouer avec foi. Et la situation chaque jour empirait. Les créanciers nous menaçaient de nous envoyer des recommandés, les huissiers étaient à notre porte, et la CEMAR nous avait coupé le courant.
Mon père devenait nerveux et était très fâché, mais il continuait à jouer. Nous n'avions plus d'espoir.
Mais un beau matin, j'étais assis dans notre salle de séjour, fumant une cigarette et repensant à ma vie, quand mon père chéri est passé rapidement pour aller vers la cuisine, je n'ai même pas eu le temps de cacher ma cigarette. Quelques minutes après il retournait au magasin. Je me suis posé des tas de questions. Mon père avait l’air très content. Maman est venue me trouver heureuse :
- « Que ce passe t’il? »
-« Ton père, a gagné à la loterie fédérale. » Me répondit-elle .
J'ai sauté de ma chaise, nous nous embrassé et nous sommes allés à la boutique où mon père riait, il était si content ! Il avait gagné le deuxième prix de la loterie.
Pour la première fois de ma vie, j'ai allumé une cigarette et j'ai fumé devant ce père tant aimé. Ce jour-là fut le plus heureux de notre humble vie. Mon père et mon frère aîné sont allés à Belem pour payer une dette vieille de dix ans que nous avions contractée auprès d'une fabrique de clous galvanisés.
Et ainsi la famille Bambe s’est débarrassée de ses ennuis financiers et mon père, qui n’avait pas désespéré a enfin pu retrouver son sourire…
Deuxième histoire courte…
Ma première passion…
J'étais un enfant très laid, j'avais huit ans et j’étais en première année de l’enseignement primaire. Il y avait une fille qui me plaisait. Je la trouvais très jolie, elle était brune avec des cheveux noirs, et une petite frange sur le front. Quand je la regardais, mon coeur battait très fort. Elle s'appelait Grâce. C’était une belle fille. Comme je l'aimais ! C’était ma première passion et dès que je l’ai vue j’ai eu le coup de foudre, me demandant comment faire pour parvenir à la conquérir. J'étais trop timide avec les filles, je ne savais pas ce que je devais leur dire, mes mains restaient moites et les mots se cachaient en moi, je les regardais avec un visage bête, sans savoir que faire.
Une après-midi, à l'heure de la récréation, je l’ai vue, elle bavardait avec une copine. Alors, mon coeur a battu très fort et j'ai décidé d'attaquer et de lui dire tout que je ressentais pour elle. J'ai commencé à marcher doucement. J’avançais, les mains froides et mouillées de sueur, répétant dans mon cerveau naïf les mots qui, j’en étais certain, allaient changer ma vie.
J'étais assez proche, elle était seule, son amie était allée aux toilettes.
-« C'est maintenant « me dis je. Des enfants jouaient, d'autres courraient d'un côte à l'autre.
-« Grâce» ai-je murmuré en m'approchant. Elle a tourné son visage vers moi et m'a souri.
J'ai été pris de panique, j’en oubliais tous les mots que je voulais lui dire. Des gouttes de sueur coulaient sur mon visage pâle.
- « Salut, Grâce ! «
- « Salut, qu'est-ce que voulez-vous ? «
J'ai regardé de tous les côtés et je suis resté muet comme un idiot. Elle m'a regardé avec déception et m'a dit :
- « Me parlerez-vous, monsieur le laid ? «
Mais moi je restais immobile, sans paroles...
Avec une grande difficulté je suis reparti bien doucement vers mon lieu favori, sans regarder derrière et je l'ai entendu qui disait à son amie qui était revenue :
- « Il est très laid, c’est dommage, car il à l’air très intelligent. «
Depuis ce jour-là, je n'ai plus osé m'approcher d'elle. Mais j'ai continué à l’observer de loin, jusqu'a la fin de l'enseignement primaire.
Ce fut ma première amourette, mais elle ne le sut jamais c'est logique !
Hier matin, j'ai trouvé un cahier dans les ordures, de la rue Afonso Pena, sur le trottoir devant la maison 503 où était le magasin de Maître Bambe, ce cahier contenait des textes écrits par le fils de maître Bambe.
Aujourd'hui je n'ai pas travaillé, j'ai déambulé dans les rues du quartier du Desterro, traînant dans les tavernes en buvant l'eau-de-vie. J’ai appris qui était le fils de maître Bambe. Leur maison avait été vendue en 1988. Je suis rentré vers les deux heures de l'après-midi. J'ai acheté de quoi déjeuner et dîner dans le restaurant du Marché.
Maintenant je vais lire le cahier qui contient plusieurs histoires, et des poèmes et sortis de l’imagination du fils de maître Bambe. Je vais vous en offrir quelques-uns.
Première histoire courte…
Le jour le plus heureux de notre vie…
C'était un lundi matin de l'année 1983. Nous habitions encore dans la rue Afonso Pena 503, dans mon cher quartier du Desterro où je suis né. Mon père était marchand et son magasin se trouvait devant notre maison. On y vendait toutes sortes de marchandises pour la construction, mais nous avions des difficultés financières. Mon père devait beaucoup et les ventes étaient faibles. Il souffrait et ne dormait pas bien, toujours préoccupé par ses dettes, il était au bord de la folie. Alors toutes les semaines il jouait à la loterie avec l’espoir de gagner de quoi nous sortir de nos ennuis.
- « Je ne bois pas et je ne fume pas» disait-il, « mais je joue et qui sait un jour peut être nous gagnerons. »
Mais au fond de lui il n’y croyait pas, même s’il continuait à jouer avec foi. Et la situation chaque jour empirait. Les créanciers nous menaçaient de nous envoyer des recommandés, les huissiers étaient à notre porte, et la CEMAR nous avait coupé le courant.
Mon père devenait nerveux et était très fâché, mais il continuait à jouer. Nous n'avions plus d'espoir.
Mais un beau matin, j'étais assis dans notre salle de séjour, fumant une cigarette et repensant à ma vie, quand mon père chéri est passé rapidement pour aller vers la cuisine, je n'ai même pas eu le temps de cacher ma cigarette. Quelques minutes après il retournait au magasin. Je me suis posé des tas de questions. Mon père avait l’air très content. Maman est venue me trouver heureuse :
- « Que ce passe t’il? »
-« Ton père, a gagné à la loterie fédérale. » Me répondit-elle .
J'ai sauté de ma chaise, nous nous embrassé et nous sommes allés à la boutique où mon père riait, il était si content ! Il avait gagné le deuxième prix de la loterie.
Pour la première fois de ma vie, j'ai allumé une cigarette et j'ai fumé devant ce père tant aimé. Ce jour-là fut le plus heureux de notre humble vie. Mon père et mon frère aîné sont allés à Belem pour payer une dette vieille de dix ans que nous avions contractée auprès d'une fabrique de clous galvanisés.
Et ainsi la famille Bambe s’est débarrassée de ses ennuis financiers et mon père, qui n’avait pas désespéré a enfin pu retrouver son sourire…
Deuxième histoire courte…
Ma première passion…
J'étais un enfant très laid, j'avais huit ans et j’étais en première année de l’enseignement primaire. Il y avait une fille qui me plaisait. Je la trouvais très jolie, elle était brune avec des cheveux noirs, et une petite frange sur le front. Quand je la regardais, mon coeur battait très fort. Elle s'appelait Grâce. C’était une belle fille. Comme je l'aimais ! C’était ma première passion et dès que je l’ai vue j’ai eu le coup de foudre, me demandant comment faire pour parvenir à la conquérir. J'étais trop timide avec les filles, je ne savais pas ce que je devais leur dire, mes mains restaient moites et les mots se cachaient en moi, je les regardais avec un visage bête, sans savoir que faire.
Une après-midi, à l'heure de la récréation, je l’ai vue, elle bavardait avec une copine. Alors, mon coeur a battu très fort et j'ai décidé d'attaquer et de lui dire tout que je ressentais pour elle. J'ai commencé à marcher doucement. J’avançais, les mains froides et mouillées de sueur, répétant dans mon cerveau naïf les mots qui, j’en étais certain, allaient changer ma vie.
J'étais assez proche, elle était seule, son amie était allée aux toilettes.
-« C'est maintenant « me dis je. Des enfants jouaient, d'autres courraient d'un côte à l'autre.
-« Grâce» ai-je murmuré en m'approchant. Elle a tourné son visage vers moi et m'a souri.
J'ai été pris de panique, j’en oubliais tous les mots que je voulais lui dire. Des gouttes de sueur coulaient sur mon visage pâle.
- « Salut, Grâce ! «
- « Salut, qu'est-ce que voulez-vous ? «
J'ai regardé de tous les côtés et je suis resté muet comme un idiot. Elle m'a regardé avec déception et m'a dit :
- « Me parlerez-vous, monsieur le laid ? «
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Avec une grande difficulté je suis reparti bien doucement vers mon lieu favori, sans regarder derrière et je l'ai entendu qui disait à son amie qui était revenue :
- « Il est très laid, c’est dommage, car il à l’air très intelligent. «
Depuis ce jour-là, je n'ai plus osé m'approcher d'elle. Mais j'ai continué à l’observer de loin, jusqu'a la fin de l'enseignement primaire.
Ce fut ma première amourette, mais elle ne le sut jamais c'est logique !
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