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Villa l'Uppiane (par Lasource)
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Villa l'Uppiane (par Lasource)
VILLA L’UPPIANE
1. Le bruit du journal
Le soleil de cinq heures depuis la colline
Tire un premier rayon qui écrête les pins
L’écureuil prestement remonte dans les branches
Et d’une fourche m’observe museau pointu
Curiosité dans ses petits yeux noirs
Un clan de pies au loin éclate
En une dispute assourdissante
Avec des cris de branches sèches que l’on brise
Je me demande pourquoi les choses dans nos yeux
S’amenuisent ainsi avec l’éloignement
Logique de montagnes mauves et d’azur d’un bleu de givre
Si peu du monde reste en filigrane entre la mort
Et moi... Le bruit du journal qu’on jette par-dessus
Le grillage d’enceinte entrecroisé
Et qui tombe dans la cour
Désespérantes nouvelles du monde
Le silence est revenu où s’effiloche un nuage
Comme un voile de veuve au vent
Tous dorment dans la maison repliée
Hermétiquement sur elle-même
J’imagine qui dort la soeur blessée
Quelle beauté dans cette lumière
Qui partout insinue ses doigts radieux
Quelle tristesse dans ma tête au centre de cette beauté
Qui recèle les germes d’une journée neuve
Avec sa douceur et sa voix fraîche d’enfant pensif
Ne pas mourir - me dis-je - avant d’avoir vécu u n j o u r
Qui se soit égalé aux promesses de son aurore !
2. L’heure du thé
Quelque part au loin les patries des gendarmes rouillent
Tandis que les patrouilles de gendarmes rient
Une moto passe bruyamment dans le Chemin des Chauves
On dirait le grondement de tout un pays qui sombre
Là-bas la mer miroite entre les troncs
Assis devant les frondaisons d’une île paisible
Au bord d’une restanque je cherche les phrases
Que j’ai rêvées pendant la nuit
Peut-être cet oiseau dont j’imite le chant subtil
Me répondra-t-il dans sa langue
Ravivant ma mémoire
Je ne suis pas habitué à être vieux
Naguère encore c’est par coeur que spontanément
Me revenaient les vers formés dans mon sommeil
Aujourd’hui - tout juste si j’arrive à reproduire
Dans l’instant un chant d’oiseau
Et pour notre dialogue c’est lui le maître
J’ignore même si c’est à ma solitude qu’il répond
Un instant ma mère m’apparaît à côté du laurier
Pâle et le regard vide Comme si elle n’avait
Définitivement plus rien à me dire
Je pense à cette table marquetée en mauvais bois
En face de mon lit
A demi-déglinguée la beauté des choses
Cache une matière déjà rongée par les vers
Le cercueil du passé
Il est temps de se secouer
Je vais me faire un thé.
3. Tarot céleste
Derrière la haie à droite un crépitement
On brûle des chansons sans doute
Cris joyeux d’enfants dans la piscine invisible
D’insaisissable pensées me démangent la cervelle
Menaçantes comme des moustiques
Nés des flaques de l’orage
Au jardin l’air se balance
Sur la balançoire vide comme la niche du chien
Sèches herbes folles J’éteins soigneusement
La fin d’une cigarette sans goût
Juché à la cime des grands pins
Comme des cartes le vent rebat
Quelques moutons de nuages
Les étale sur la table du ciel et je cherche
A y lire les figures du jour
Tarot évanescent
Aussi vague que les images de nos destins
Dans les configurations des astres
De ta chemise se détache et s’envole un fil de la Vierge
Doré dans la lumière Un cheveu de la bien-aimée
Sans doute en guise d’au-revoir
Comme si s’était mystérieusement coupé
Le lien qui te rattachait au soleil...
1. Le bruit du journal
Le soleil de cinq heures depuis la colline
Tire un premier rayon qui écrête les pins
L’écureuil prestement remonte dans les branches
Et d’une fourche m’observe museau pointu
Curiosité dans ses petits yeux noirs
Un clan de pies au loin éclate
En une dispute assourdissante
Avec des cris de branches sèches que l’on brise
Je me demande pourquoi les choses dans nos yeux
S’amenuisent ainsi avec l’éloignement
Logique de montagnes mauves et d’azur d’un bleu de givre
Si peu du monde reste en filigrane entre la mort
Et moi... Le bruit du journal qu’on jette par-dessus
Le grillage d’enceinte entrecroisé
Et qui tombe dans la cour
Désespérantes nouvelles du monde
Le silence est revenu où s’effiloche un nuage
Comme un voile de veuve au vent
Tous dorment dans la maison repliée
Hermétiquement sur elle-même
J’imagine qui dort la soeur blessée
Quelle beauté dans cette lumière
Qui partout insinue ses doigts radieux
Quelle tristesse dans ma tête au centre de cette beauté
Qui recèle les germes d’une journée neuve
Avec sa douceur et sa voix fraîche d’enfant pensif
Ne pas mourir - me dis-je - avant d’avoir vécu u n j o u r
Qui se soit égalé aux promesses de son aurore !
2. L’heure du thé
Quelque part au loin les patries des gendarmes rouillent
Tandis que les patrouilles de gendarmes rient
Une moto passe bruyamment dans le Chemin des Chauves
On dirait le grondement de tout un pays qui sombre
Là-bas la mer miroite entre les troncs
Assis devant les frondaisons d’une île paisible
Au bord d’une restanque je cherche les phrases
Que j’ai rêvées pendant la nuit
Peut-être cet oiseau dont j’imite le chant subtil
Me répondra-t-il dans sa langue
Ravivant ma mémoire
Je ne suis pas habitué à être vieux
Naguère encore c’est par coeur que spontanément
Me revenaient les vers formés dans mon sommeil
Aujourd’hui - tout juste si j’arrive à reproduire
Dans l’instant un chant d’oiseau
Et pour notre dialogue c’est lui le maître
J’ignore même si c’est à ma solitude qu’il répond
Un instant ma mère m’apparaît à côté du laurier
Pâle et le regard vide Comme si elle n’avait
Définitivement plus rien à me dire
Je pense à cette table marquetée en mauvais bois
En face de mon lit
A demi-déglinguée la beauté des choses
Cache une matière déjà rongée par les vers
Le cercueil du passé
Il est temps de se secouer
Je vais me faire un thé.
3. Tarot céleste
Derrière la haie à droite un crépitement
On brûle des chansons sans doute
Cris joyeux d’enfants dans la piscine invisible
D’insaisissable pensées me démangent la cervelle
Menaçantes comme des moustiques
Nés des flaques de l’orage
Au jardin l’air se balance
Sur la balançoire vide comme la niche du chien
Sèches herbes folles J’éteins soigneusement
La fin d’une cigarette sans goût
Juché à la cime des grands pins
Comme des cartes le vent rebat
Quelques moutons de nuages
Les étale sur la table du ciel et je cherche
A y lire les figures du jour
Tarot évanescent
Aussi vague que les images de nos destins
Dans les configurations des astres
De ta chemise se détache et s’envole un fil de la Vierge
Doré dans la lumière Un cheveu de la bien-aimée
Sans doute en guise d’au-revoir
Comme si s’était mystérieusement coupé
Le lien qui te rattachait au soleil...
Invité- Invité
Re: Villa l'Uppiane (par Lasource)
D'étranges sensations à la lecture de ce poème entre la gravité, la tristesse et la dérision des contrepèteries ! J'ai eu l'impression de naviguer entre l'enfance et la vieillesse; entre le rêve, les souvenirs et le réel..;
Ne pas mourir - me dis-je - avant d’avoir vécu u n j o u r
Qui se soit égalé aux promesses de son aurore !
C'est deux vers en particulier sont de toute beauté !
Ne pas mourir - me dis-je - avant d’avoir vécu u n j o u r
Qui se soit égalé aux promesses de son aurore !
C'est deux vers en particulier sont de toute beauté !
Re: Villa l'Uppiane (par Lasource)
Je lis tes vers juste après avoir revu "tous les matins du monde" , je passe d'une beauté à une autre, unisson entre tes vers et le musique, je vais me coucher heureux, merci
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