Nombre de visites
Derniers sujets
» 29 /12/1890
par Chingachgook Hier à 15:30

» Prénoms entrelacés
par Chingachgook Hier à 13:48

» Désenchantement
par Chingachgook Hier à 12:10

» La RUMEUR
par Marcek Mar 22 Mai - 23:39

» LA RUMEUR
par jeanyves53 Mar 22 Mai - 15:05

» Le pays d'où je viens...
par Fanch Mar 22 Mai - 9:58

» Derniers instants
par Snowman Lun 21 Mai - 13:08

» L’œuf
par Snowman Lun 21 Mai - 9:14

» le petit âne perdu dans une matin de lundi
par Marcek Jeu 17 Mai - 21:57

» le journal intime d'un serrurier qui aime ecrire - II
par Marcek Jeu 17 Mai - 21:53

» Nouvelle
par ladislas Jeu 17 Mai - 1:55

» Une fois que je dis
par ladislas Jeu 17 Mai - 1:54

» Les pets de Damoclès
par Lasource Mer 16 Mai - 12:07

» Hommage à Robert le Diable
par Snowman Lun 14 Mai - 15:14

» Violi Viola¸(par Marcek)
par Lasource Sam 12 Mai - 19:15

» Hep !! Taxi !!! (par Jeanyves53)
par jeanyves53 Sam 12 Mai - 12:54

» Qui ose dire ? (par Rivaudais)
par Lasource Sam 12 Mai - 12:29

» La fille du Nord... Dakota (par Chingachgook)
par Lasource Sam 12 Mai - 12:24

» Au rendez-vous du "Chien qui boite"(par Marcek)
par Marcek Ven 11 Mai - 16:54

» Nuit de neige, de Guy de Maupassant (1850-1893).
par Chingachgook Ven 11 Mai - 13:45

» Domaine d'existence (par Ladislas)
par Marie Ven 11 Mai - 3:33

» Pour toi (par Lou)
par Marie Ven 11 Mai - 2:51

» Quelques nouvelles
par Marie Ven 11 Mai - 2:41

» In extremis ( par Lasource)
par Marie Ven 11 Mai - 2:30

» La tomate et le chiendent (Fable potagère en sonnet)
par Snowman Mer 9 Mai - 9:16

» Deuxième tour (par Snowman)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:52

» Poèmes poissons-lunes (par Lasource)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:45

» Interrogations (par Lasource)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:35

» Être (par Chingachgookl)
par Chingachgook Mar 8 Mai - 21:30

» Expectation (par Chingachgook)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:17

» Dans les yeux de mes enfants(par Anita)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:12

» Couper le souffle ( par Lasource)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:04

» L'hirondelle, messagère du printemps!(par Jeanyves53)
par jeanyves53 Lun 7 Mai - 14:06

» Getoulous nous a quittés ...
par Marcek Dim 6 Mai - 11:18

» Bonsoir Cathy
par Marie Dim 6 Mai - 5:50

» Madame de Lentille (par Marcek)
par Marie Dim 6 Mai - 4:51

» Encrier vide (par Chingachgook)
par Marie Dim 6 Mai - 4:23

» Ô Garonne chérie (Par Getoulous)
par Marcek Ven 4 Mai - 17:44

» Le ciel est immobile (par Al30)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:35

» Cauchemar (par Al30)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:32

» Enfances (par Marcek)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:31

» Réponse judicieuse (par Lasource)
par Lasource Mar 1 Mai - 20:55

» Oh! combien...(par Chingachgook)
par Chingachgook Lun 30 Avr - 7:16

» Bricolage (par Marcek)
par Marcek Dim 29 Avr - 22:58

» Un an, une seconde, une éternité, Maman que tu nous a quitté!!!!!(par Jeanyves53)
par jeanyves53 Dim 29 Avr - 9:39

» Les hommes doivent être aimés (par Marcek)
par Marcek Ven 27 Avr - 17:56

» Poésie quotidienne (par Snowman)
par Marcek Ven 27 Avr - 17:54

» Laissez moi (par Al30)
par Al30 Ven 27 Avr - 11:34

» L'homme roux(par Chingachgook)
par Chingachgook Ven 27 Avr - 11:32

» Oublier ?(par Chingachgook)
par Lasource Ven 27 Avr - 11:06

Sites Amis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 11 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 11 Invités

Aucun

[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 73 le Mar 6 Juil - 21:33

Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:30

Les poèmes
de
SABINE SICAUD

La Solitude




Solitude... Pour vous cela veut dire seul,
Pour moi - qui saura me comprendre?
Cela veut dire : vert, vert dru, vivace tendre,
Vert platane, vert calycanthe, vert tilleul.

Mot vert. Silence vert. Mains vertes
De grands arbres penchés, d'arbustes fous;
Doigts mêlés de rosiers, de lauriers, de bambous,
Pieds de cèdres âgés où se concertent
Les bêtes à Bon Dieu; rondes alertes
De libellules sur l'eau verte...

Dans l'eau, reflets de marronniers,
D'ifs bruns, de vimes blonds, de longues menthes
Et de jeune cresson; flaques dormantes
Et courants vifs où rament les "meuniers" ;
Rainettes à ressort et carpes vénérables;
Martin-pêcheur... En mars, étoiles de pruniers,
De poiriers, de pommiers; grappes d'érables.
En mai, la fête des ciguës,
Celle des boutons d'or : splendeur des prés.
Clochers blancs des yuccas, lances aiguës
Et tiges douces, chèvrefeuille aux brins serrés,
Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes,
Et toujours, et partout, fraîche, luisante, calme,
L'invasion du lierre à petits flots lustrés
Gagnant le mur des cours, les carreaux des fenêtres,
Les toits des pavillons vainement retondus...
Lierre nouant au front du chêne, au cou du hêtre,
Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu
À la grive hésitante ; vert royaume
Des merles en habit - royaume qui s'étend
Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome
En nappes d'émeraude et cordages flottants...
Lierre de cette allée au porche de lumière
Dont les platanes séculaires, chaque été,
Font une longue cathédrale verte - lierre
De la grotte en rocaille où dorment abrités
Chaque hiver, les callas et les cactus fragiles ;
Housse, que la poussière blanche de la ville
Givre à peine les soirs de très grand vent - pour moi,
Vert obligé des vieilles pierres,
Des arbres vieux, des toits qui penchent, des vieux toits -

Un château? Non, Madame, une gentilhommière,
Un ermitage vert qui sent les bois, le foin,
Où les bruits de la route arrivent d'assez loin
Pour n'être plus qu'une musique en demi-teintes.
Un train sur le talus se hâte avec des plaintes,
Mais l'horizon tout rose et mauve qu'il rejoint
Transpose le voyage en couleurs de légende.
On regarde un instant vers ces trains qui s'en vont
Traînant leur barbe grise - et c'est vrai qu'ils répandent
Un peu de nostalgie au fil de l'été blond...

Mais le jazz des moineaux fait rage dans les feuilles,
Les pigeons blancs s'exaltent, le cyprès
Est la tour enchantée où des notes s'effeuillent
Autour du rossignol. Du pré,
Monte la fièvre des grillons, des sauterelles,
Toutes les herbes ont des pattes, ont des ailes -
Et l'Âne et le Cheval de la Fable sont là
Et Chantecler se joue en grand gala
Jour et nuit dans la cour où des plumes voltigent.

Au clair de l'eau, c'est l'éternel prodige
Du têtard de velours devenu crapaud d'or,
De la voix de cristal parmi les râpes neuves
D'innombrables grenouilles. Le chat dort.
Dickette-chien s'affaire - et sur leur tête pleuvent
Des pastilles de lune ou de soleil brûlant.
S'il pleut vraiment, la pluie à pleins seaux ruisselants
S'éparpille de même aux doigts verts qui l'arrêtent.

Un tilleul, des bambous. L'abri vert du poète,
Du vert, comprenez-vous ? Pour qu'aux vieilles maisons
Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.
Douceur de l'arbre, de la mousse, du gazon...
Vous dites : Solitude? Ah! dans l'heure qui passe,
Est-il rien de vivant plus vivant qu'un jardin,
De plus mystérieux, parfumé, dru, tenace,
Et peuplé - si peuplé qu'il arrive soudain
Qu'on y discourt avec mille petits génies
Sortis l'on ne sait d'où, comme chez Aladin.

Un mot vert... Qui dira la fraîcheur infinie
D'un mot couleur de sève et de source et de l'air
Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,
Un mot désert peut-être et desséché pour d'autres,
Mais pour soi, familier, si proche, tendre, vert
Comme un îlot, un cher îlot dans l'univers?...




Premières feuilles



Vous vous tendez vers moi, vertes petites mains des arbres,
Vertes petites mains des arbres du chemin.
Pendant que les vieux murs un peu plus se délabrent,
Que les vieilles maisons montrent leurs plaies,
Vous vous tendez vers moi, bourgeons des haies,
Verts petits doigts.

Petits doigts en coquilles,
Petits doigts jeunes, lumineux, pressés de vivre,
Par-dessus les vieux murs vous vous tendez vers nous.
Le vieux mur dit : « Gare au vent fou,
Gare au soleil trop vif, gare aux nuits qui scintillent,
Gare à la chèvre, à la chenille,
Gare à la vie, ô petits doigts! »

Verts petits doigts griffus, bourrus et tendres,
Vous sentez bien pourquoi
Les vieux murs, ce matin, ont la voix de Cassandre.
Petits doigts en papier de soie,
Petits doigts de velours ou d'émail qui chatoie,
Vous savez bien pourquoi
Vous n'écouterez pas les murs couleur de cendre...

Frêles éventails verts, mains du prochain été,
Nous sentons bien pourquoi vous n'écoutez
Ni les vieux murs, ni les toits qui s'affaissent ;
Nous savons bien pourquoi
Par-dessus les vieux murs, de tous vos petits doigts,
Vous faites signe à la jeunesse!


Dernière édition par Marcek le Sam 13 Sep - 10:26, édité 1 fois

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:31

Les trois chansons


Entends la chanson de l'eau...
Comme il pleut, comme il pleut vite!
Il semble que des grelots
Dans la gouttière s'agitent.

À l'abri dans ton dodo
Entends la chanson de l'eau!

Entends la chanson du vent...
Comme les branches s'agitent!
Les nids d'oiseaux, bien souvent,
Sont bercés, bercés trop vite.

À l'abri des rideaux blancs
Entends la chanson du vent.

Entends la chanson du feu...
Comme les flammes s'agitent
Le feu jaune, rouge et bleu
Pour te chauffer brûle vite.

Quand tes yeux clignent un peu,
Entends la chanson du feu.

Écoute les trois chansons
Qui se font toutes petites
Et douces comme un ronron
Pour que tu dormes plus vite.

Si tu veux, bébé, dormons
Au bruit léger des chansons.

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:33


Le camélia rouge


Au milieu des plantes fragiles
qu’une vitre épaisse défend,
plusieurs boutons pointent, fragiles,
un premier cocon vert se fend.

Déjà, le long des pots d’argile,
on devine du bleu, du blanc.
Un cyclamen joue au volant,
- soignez les petits pots d’argile –
mais plus haut, bien plus haut déjà,
vers les branches qui se ravivent
une fée a passé. Déjà
en bouffette de pourpre vive
Le premier cocon se changea.

Cocarde rouge – est-ce un insigne?
Velours sombre jaspé de clair,
dans le sang, deux plumes de cygne…
De quelle infante est-ce l’insigne?

Rose orgueilleuse de l’hiver,
on la sent faite pour des gerbes
qu’on vendra tôt, qu’on vendra cher,
bien avant la saison des gerbes!

Fleurs des sillons, des bois, de l’herbe,
vous n’entendez rien à cela.
C’est pour des doigts trop blancs, trop las,
que l’on cueille ces branches-là.

Branche verte aux feuilles vernies
vous offrant en cérémonie
cette corolle sans parfum…
Vers les boudoirs, vers les palaces,
les rameaux s’en vont un à un.
Dans le cadre des hautes glaces,
saluez la fleur des palaces.

Vous parlez de cette main lasse
de la Dame aux camélias.
Je ne sais pas ce qu’il y a
dans le cœur des camélias;
je n’y cherche ni l’humble grâce
ni l’arôme de tant de fleurs -

De s’ouvrir à la Chandeleur
dans une atmosphère factice,
d’être rare; d’être une fleur
avant que d’autres ne fleurissent,
de tout ce qu’il y a de factice
lui sais-je gré? Je ne sais pas.
Je l’aime à l’abri des frimas
pour tout ce qu’il est ou n’est pas.

Immobile papillon rouge
entre deux feuilles qui ne bougent
il est sous les vitres, là-bas,
le premier camélia rouge.

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:34

Les bégonias

Ce sont les bégonias clairs
couleur de fruits, couleur de chair,
couleur de coquillages pâles.
Bégonias aux lourds pétales
couleur de perles et d’opales
- couleur des fleurs aussi qui moururent hier -
Ce sont les bégonias pâles.

Bégonias si grands ouverts
sentez-vous les doigts de l’hiver
menacer votre cœur ouvert?
Et vous dont la pourpre est si vive,
bégonias couleur de sang
couleur du soleil qui descend
vers la mer qu’une houle avive -

Bégonias éblouissants
qui parlez de gloire et de sang
au bout de tiges mutilées,
sentez-vous tout ce que l’on sent
quand le vent, le brouillard, la pluie ou la gelée
se glissent le long des allées?

Ciseaux du jardinier… que n’ont-ils fait déjà!
Tiges molles qu’on déchargea
d’une orgueilleuse fleur fanée…
C’est bien fini pour cette année.
Vos haillons de velours se dispersent déjà.

Sur vos têtes découronnées
un nom, barbare un peu, dira que vous étiez
de cette pâleur fine ou de ce rouge altier
que les soirs d’automne exagèrent.
Bégonias d’âme étrangère,
fleurs de luxe, fleurs qu’on aima
comme on aime d’autres climats
dans l’air un peu trouble des serres –
Fleurs des jardins aux grilles d’or,
voici l’heure, l’heure où l’on dort
au fond des grands palais de verre.
C’est l’heure des graines qu’on serre,
des bulbes roses et velus
gardant, de fleurs qui ne sont plus,
le germe frêle sous la terre.

Fleurs trop doubles; fleurs sans parfum,
sans arôme léger, aucun,
mais d’une beauté de mystère,
feuillages verts, feuillages bruns,
rameaux de corail un à un,
couchés dans les massifs défunts,
c’est l’heure des prisons de verre.

Dormez. Le vent souffle dehors
et tant de beaux rêves sont morts
d’une mort sans réveil possible!
Cœurs tendres ou cœurs impassibles,
j’aime vous savoir endormis
dans le terreau fin des semis
cependant que le long des vitres impassibles
le vent qui souffre, le vent fou
emporte des haillons là-bas, je ne sais où…

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:36

Vigne vierge d'automne



Vous laissez tomber vos mains rouges,
Vigne vierge, vous les laissez tomber
Comme si tout le sang du monde était sur elles.

À leur frisson, toute la balustrade bouge,
Tout le mur saigne,
Ô vigne vierge... Tout le ciel est imbibé
D'une même lumière rouge.

C'est comme un tremblement d'ailes rouges qui tombent,
D'ailes d'oiseaux des îles, d'ailes
Qui saignent. C'est la fin d'un règne -
Ou quelque chose de plus simple infiniment.

Ce sont les pieds palmés de hauts flamants
Ou de fragiles pattes de colombes
Qui marchent dans l'allée.
(Où vont-elles, si rouges?)
Leurs traces étoilées
Rejoignent l'autre vigne, où l'on vendange.
Si rouge,
Est-ce déjà le sang des cuves pleines ?
Ah! simplement la fête des vendanges,
Simplement n'est-ce pas?

Et pourtant, que vos mains sont tremblantes! Leurs veines
Se rompent une à une... Tant de sang...
Et cette odeur si fade, étrange.
Ces mains qui tombent d'un air las,
Ô vigne vierge, d'un air las et comme absent,
Ces mains abandonnées...

(Lady Macbeth n'eut-elle pas ce geste
Après avoir frotté la tache si longtemps?)

Mains qui se crispent, mains qui restent
En lambeaux rouges sur octobre palpitant;
Dites, oh! dites chaque année
Êtes-vous les mains meurtrières de l'Automne?

Ou chaque année,
Sans rien qui s'en émeuve ni personne,
Des mains assassinées
Qui flottent au fil rouge de l'automne?




Dernière édition par Marcek le Dim 14 Sep - 23:36, édité 7 fois

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 2:37

L’heure du platane



Sentez-vous cette odeur, cette odeur fauve et rousse
de beau cuir neuf, chauffé par l’automne qui flambe?

Tous les cuirs du Levant sont là, venus ensemble
de souks lointains saturés d’ambre et de santal.
Des huiles et des gommes d’or les éclaboussent.

En de jaunes parfums d’essences et de gousses,
tous les cuirs précieux d’un faste oriental,
cuirs gaufrés et gravés, pointillés de métal,
peints et damasquinés, sont là. Ceux de Cordoue
s’allongent en panneaux où la lumière joue
comme dans l’escalier d’un palacio ducal;
ceux de Russie ont des reflets de pourpre ardente;
ceux de Venise la douceur d’épais velours,
et ceux des Flandres aux blonds rares, aux bruns sourds,
semblent chez le bourgmestre attendre une kermesse.

Quelles mains ont offert à ces livres de messe
la reliure somptueuse qui m’enchante?
Et ce manteau pareil à la robe de Dante,
qui le tailla pour des poètes ignorés?

Beaux livres d’autrefois, je vous aime, dorés
sur un fond de soleil ainsi que des Icones,
et ma bibliothèque est un gala d’automne
ce soir, entre les bras d’un arbre mitré d’or.
La légende se brode à même le décor.
Mes livres, des très vieux aux très jeunes, s’étagent
de branche en branche, à la façon d’oiseaux pensifs,
et par-dessus la mosaïque des massifs
prennent la gamme fauve et rousse du feuillage.

Car ils sont habillés de feuilles, en ce temps
où les platanes roux et fauves se dépouillent.
La vierge, dans l’allée, a filé sa quenouille
afin que chaque page ait un signet flottant.

Vous qui lisez, le front penché, dans une chambre,
ne sentez-vous donc pas qu’au seuil froid de novembre
tout ce maroquin neuf et ces parchemins d’or
sont faits pour que, ce soir,on traduise, dehors,
uniquement, les strophes du platane? Automne,
guilloché de soleil, broché d’insectes jaunes,
plein de miel et de grains, et de cette odeur forte
que promène le vent du sud, de porte en porte;

Automne, qui donc pourrait croire aux feuilles mortes,
croire, ce soir, à la tristesse de la mort?

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par LOU le Sam 13 Sep - 15:30

Marcek..tous ces poèmes sont superbes...
Si j'osais,je te proposerais de placer une image ou une photo..enfin quelque chose qui agrémenterait tous ces jolis textes..mais ce que j'en dis..tu es la seule qui commande sur ce forum.
En tout cas encore merci de cette lecture.

_________________
Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.
(Confucius)

LOU
Admin

Masculin
Nombre de messages: 2209
Age: 65
Localisation: Belgique
Emploi: Retraité
Loisirs: Carpediem
Date d'inscription: 04/05/2006

http://www.lerefugepoetiquedeLou.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 15:39

Merci, Lou decette liberté que tu m'accordes !

Si tu as par devers toi des images que tu penses pouvoir convenir, je suis preneuse...je chercherai de mon côté !

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marie le Sam 13 Sep - 18:15

Mon préféré ... aujourd'hui ...

Les trois chansons ...

et je relis le tout ... avec un plaisir renouvelé à chaque fois ...

Marie ...

_________________
La poésie est une sorte de musique, il faut l'entendre pour en juger ..(Voltaire)

Marie
Admin

Féminin
Nombre de messages: 2423
Age: 63
Localisation: Canada
Date d'inscription: 15/06/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poèmes de Sabine Sicaud (Intégralité des textes)Marcek

Message par Marcek le Sam 13 Sep - 22:02

Afin devous permettre une lecture plus aisée et une plus grande facilité de commentaires, je vais suivre les conseils de Marie et adopter une autre présentation que celle-ci, pour les poèmes extraits du livre"Les poèmes de Sabine Sicaud " éditions Stock.

Marcek

Féminin
Nombre de messages: 648
Age: 73
Localisation: Midi-Pyrénées
Date d'inscription: 31/08/2008

http://coquelinette.blogsudouest.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum