Sujets similaires
Nombre de visites
Derniers sujets
» Derniers instantspar Snowman Aujourd'hui à 13:08
» L’œuf
par Snowman Aujourd'hui à 9:14
» le petit âne perdu dans une matin de lundi
par Marcek Jeu 17 Mai - 21:57
» le journal intime d'un serrurier qui aime ecrire - II
par Marcek Jeu 17 Mai - 21:53
» Désenchantement
par Chingachgook Jeu 17 Mai - 8:04
» Nouvelle
par ladislas Jeu 17 Mai - 1:55
» Une fois que je dis
par ladislas Jeu 17 Mai - 1:54
» Les pets de Damoclès
par Lasource Mer 16 Mai - 12:07
» Hommage à Robert le Diable
par Snowman Lun 14 Mai - 15:14
» Violi Viola¸(par Marcek)
par Lasource Sam 12 Mai - 19:15
» Hep !! Taxi !!! (par Jeanyves53)
par jeanyves53 Sam 12 Mai - 12:54
» Qui ose dire ? (par Rivaudais)
par Lasource Sam 12 Mai - 12:29
» 29 /12/1890
par Lasource Sam 12 Mai - 12:26
» La fille du Nord... Dakota (par Chingachgook)
par Lasource Sam 12 Mai - 12:24
» Au rendez-vous du "Chien qui boite"(par Marcek)
par Marcek Ven 11 Mai - 16:54
» Nuit de neige, de Guy de Maupassant (1850-1893).
par Chingachgook Ven 11 Mai - 13:45
» Domaine d'existence (par Ladislas)
par Marie Ven 11 Mai - 3:33
» Pour toi (par Lou)
par Marie Ven 11 Mai - 2:51
» Quelques nouvelles
par Marie Ven 11 Mai - 2:41
» In extremis ( par Lasource)
par Marie Ven 11 Mai - 2:30
» La tomate et le chiendent (Fable potagère en sonnet)
par Snowman Mer 9 Mai - 9:16
» Deuxième tour (par Snowman)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:52
» Poèmes poissons-lunes (par Lasource)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:45
» Interrogations (par Lasource)
par Lasource Mer 9 Mai - 7:35
» Être (par Chingachgookl)
par Chingachgook Mar 8 Mai - 21:30
» Expectation (par Chingachgook)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:17
» Dans les yeux de mes enfants(par Anita)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:12
» Couper le souffle ( par Lasource)
par Lasource Mar 8 Mai - 18:04
» L'hirondelle, messagère du printemps!(par Jeanyves53)
par jeanyves53 Lun 7 Mai - 14:06
» Getoulous nous a quittés ...
par Marcek Dim 6 Mai - 11:18
» Bonsoir Cathy
par Marie Dim 6 Mai - 5:50
» Madame de Lentille (par Marcek)
par Marie Dim 6 Mai - 4:51
» Encrier vide (par Chingachgook)
par Marie Dim 6 Mai - 4:23
» Ô Garonne chérie (Par Getoulous)
par Marcek Ven 4 Mai - 17:44
» Le ciel est immobile (par Al30)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:35
» Cauchemar (par Al30)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:32
» Enfances (par Marcek)
par Lasource Jeu 3 Mai - 13:31
» Réponse judicieuse (par Lasource)
par Lasource Mar 1 Mai - 20:55
» Oh! combien...(par Chingachgook)
par Chingachgook Lun 30 Avr - 7:16
» Bricolage (par Marcek)
par Marcek Dim 29 Avr - 22:58
» Un an, une seconde, une éternité, Maman que tu nous a quitté!!!!!(par Jeanyves53)
par jeanyves53 Dim 29 Avr - 9:39
» Les hommes doivent être aimés (par Marcek)
par Marcek Ven 27 Avr - 17:56
» Poésie quotidienne (par Snowman)
par Marcek Ven 27 Avr - 17:54
» Laissez moi (par Al30)
par Al30 Ven 27 Avr - 11:34
» L'homme roux(par Chingachgook)
par Chingachgook Ven 27 Avr - 11:32
» Oublier ?(par Chingachgook)
par Lasource Ven 27 Avr - 11:06
» Instantané (par Lasource)
par Lasource Ven 27 Avr - 10:59
» J'avais rêvé.... (Ames sensibles s'abstenir)(par Baudelarme)
par baudelarme Jeu 26 Avr - 13:49
» Les mots d'amour(par Marcek)
par Marcek Mer 25 Avr - 9:58
» Le CON (par Marcek)
par Marcek Mer 25 Avr - 0:46
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 8 utilisateurs en ligne :: 1 Enregistré, 0 Invisible et 7 Invités Chingachgook
Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 73 le Mar 6 Juil - 21:33
Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Page 1 sur 1 • Partager •
Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
LES NEUF PORTES DE TON CORPS
Ce poème est pour toi seule Madeleine
Il est un des premiers poèmes de notre désir
Il est notre premier poème secret ô toi que j`aime
Le jour est doux et la guerre est si douce. S`il fallait en mourir !!
Tu l`ignores, ma vierge ? à ton corps sont neuf portes
J`en connais sept et deux me sont celées
J`en ai pris quatre, j`y suis entré n`espère plus que j`en sorte
Car je suis entré en toi par tes yeux étoilés
Et par tes oreilles avec les Paroles que je commande et qui sont mon escorte.
Oeil droit de mon amour première porte de mon amour
Elle avait baissé le rideau de sa paupière
Tes cils étaient rangés devant comme les soldats noirs peints sur un vase grec, paupière rideau lourd
De velours
Qui cachait ton regard clair
Et lourd
Pareil notre amour.
Oeil gauche de mon amour deuxième porte de mon amour
Pareille à son amie et chaste et lourde d`amour ainsi que lui
Ô porte qui mène à ton coeur mon image et mon sourire qui luit
Comme une étoile pareille à tes yeux que j`adore
Double porte de ton regard je t`adore
Oreille droite de mon amour troisième porte
C`est en te prenant que j`arrivai à ouvrir entièrement les deux premières portes
Oreille porte de ma voix qui t`a persuadée
Je t`aime toi qui donnes un sens à l`Image grâce à l`Idée
Et toi aussi oreille gauche toi qui des portes de mon amour est la quatrième
Ô vous, les oreilles de mon amour je vous bénis
Portes qui vous ouvrîtes à ma voix
Comme les roses s`ouvrent aux caresses du printemps
C`est par vous que ma voix et mon ordre
Pénètrent dans le corps entier de Madeleine
J`y entre homme tout entier et aussi tout entier poème
Poème de son désir qui fait que moi aussi je m`aime
Narine gauche de mon amour cinquième porte de mon amour et de nos désirs
J`entrerai par là dans le corps de mon amour
J`y entrerai subtil avec mon odeur d`homme
L`odeur de mon désir
L`âcre parfum viril qui enivrera Madeleine
Narine droite sixième porte de mon amour et de notre volupté
Toi qui sentiras comme ta voisine l`odeur de mon plaisir
Et notre odeur mêlée plus forte et plus exquise qu`un printemps en fleurs
Double porte des narines je t`adore toi qui promets tant de plaisirs subtils
Puisés dans l`art des fumées et des fumets.
Bouche de Madeleine septième porte de mon amour
Je vous ai vue, ô porte porte rouge, gouffre de mon désir
Et les soldats qui s`y tiennent morts d`amour m`ont crié qu`ils se rendent
Ô porte rouge et tendre
Ô Madeleine il est deux portes encore
Que je ne connais pas
Deux portes de ton corps
Mystérieuses
Huitième porte de la grande beauté de mon amour
Ô mon ignorance semblable à des soldats aveugles parmi les chevaux de frise sous la lune liquide des Flandres à l`agonie !
Ou plutôt comme un explorateur qui meurt de faim de soif et d`amour dans une forêt vierge
Plus sombre que l`Érèbe
Plus sacrée que celle de Dodone
Et qui devine une source plus fraîche que Castalie
Mais mon amour y trouverait un temple
Et après avoir ensanglanté le parvis sur qui veille le charmant monstre de l`innocence
J`y découvrirais et ferais jaillir le plus chaud geyser du monde
Ô mon amour, ma Madeleine
Je suis déjà le maître de la huitième porte
Et toi neuvième porte plus mystérieuse encore
Qui t`ouvres entre deux montagnes de perles
Toi plus mystérieuse encore que les autres
Porte des sortilèges dont on n`ose point parler
Tu m`appartiens aussi
Suprême porte
À moi qui porte
La clef suprême
Des neuf portes
Ô portes ouvrez-vous à ma voix
Je suis le Maître de la Clef
(Guillaume Apollinaire, Poèmes à Madeleine, 1952)

Guy Rancourt-

Nombre de messages: 774
Age: 64
Localisation: Le Bic (Rimouski) Québec
Emploi: Ex-prof de philo, retraité depuis août 2005
Loisirs: Balades dans la nature, cinéma, musique, cuisine, écriture, rire et rêver!
Date d'inscription: 07/11/2008
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Apollinaire est sûrement mon poète français préféré !
Ses recueils : "Poèmes à Lou" et "Poèmes à Madeleine", ainsi que ses "Poésies libres" ne me quittent jamais trop loin de ma table de travail...
Bien sûr, c'est par "Alcools", que collégien j'avais d'abord connu ce poète.
J'ai déposé plusieurs de ses poèmes sur ce lien :
http://francais.agonia.net/index.php/author/2772/Guillaume_Apollinaire
Ses recueils : "Poèmes à Lou" et "Poèmes à Madeleine", ainsi que ses "Poésies libres" ne me quittent jamais trop loin de ma table de travail...
Bien sûr, c'est par "Alcools", que collégien j'avais d'abord connu ce poète.
J'ai déposé plusieurs de ses poèmes sur ce lien :
http://francais.agonia.net/index.php/author/2772/Guillaume_Apollinaire

Guy Rancourt-

Nombre de messages: 774
Age: 64
Localisation: Le Bic (Rimouski) Québec
Emploi: Ex-prof de philo, retraité depuis août 2005
Loisirs: Balades dans la nature, cinéma, musique, cuisine, écriture, rire et rêver!
Date d'inscription: 07/11/2008
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Il est bon de temps à autre de relire ces textes, pour mieux s'en imprégner. On a tôt fait de les oublier, et en les relisant nous avons souvent l'impression de les découvrir pour la première fois.
Merci de nous rafraîchir la mémoire ! Joël
Merci de nous rafraîchir la mémoire ! Joël
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Celui-ci est d'un érotisme torride !
Mon préféré reste "Si je mourais là-bas..."
avec en plus l'interprétation de Ferrat (en bas) c'est pure merveille...
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Mon préféré reste "Si je mourais là-bas..."
avec en plus l'interprétation de Ferrat (en bas) c'est pure merveille...
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Oui, celui-ci est très beau Aralf et l'interprétation de Ferrat...super !
Mais pour les poésies torrides d'Apollinaire, il faut lire absolument ses 3 opuscules :
"Le verger des amours" (1924),
"Cortège priapique" (1925) et
"Julie ou la rose" (1927),
ces 3 petits ouvrages difficiles à trouver ont été réunis l'an dernier pour le 90e anniversaire de la mort d'Apollinaire sous le titre "Poésies libres", maintenant en édition de poche, collection Points Poésie P1999.
Mais pour les poésies torrides d'Apollinaire, il faut lire absolument ses 3 opuscules :
"Le verger des amours" (1924),
"Cortège priapique" (1925) et
"Julie ou la rose" (1927),
ces 3 petits ouvrages difficiles à trouver ont été réunis l'an dernier pour le 90e anniversaire de la mort d'Apollinaire sous le titre "Poésies libres", maintenant en édition de poche, collection Points Poésie P1999.


Guy Rancourt-

Nombre de messages: 774
Age: 64
Localisation: Le Bic (Rimouski) Québec
Emploi: Ex-prof de philo, retraité depuis août 2005
Loisirs: Balades dans la nature, cinéma, musique, cuisine, écriture, rire et rêver!
Date d'inscription: 07/11/2008
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Oui, oui, oui, faute de frappe dans le nom "D'APOLLINAIRE"!!! :affraid:
Il faut lire :
2 "l" et 1 seul "p"
.
Mil excuses !
Il faut lire :
2 "l" et 1 seul "p"
.Mil excuses !


Guy Rancourt-

Nombre de messages: 774
Age: 64
Localisation: Le Bic (Rimouski) Québec
Emploi: Ex-prof de philo, retraité depuis août 2005
Loisirs: Balades dans la nature, cinéma, musique, cuisine, écriture, rire et rêver!
Date d'inscription: 07/11/2008
Re: Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
Merci Marie pour la correction..
J'EN ROUGIS ENCORE DE HONTE ! :affraid:
BON WEEK-END ENSOLEILLÉ,
DENRÉE SI RARE ICI AU QUÉBEC CET ÉTÉ !!!
J'EN ROUGIS ENCORE DE HONTE ! :affraid:
DENRÉE SI RARE ICI AU QUÉBEC CET ÉTÉ !!!


Guy Rancourt-

Nombre de messages: 774
Age: 64
Localisation: Le Bic (Rimouski) Québec
Emploi: Ex-prof de philo, retraité depuis août 2005
Loisirs: Balades dans la nature, cinéma, musique, cuisine, écriture, rire et rêver!
Date d'inscription: 07/11/2008
Sujets similaires» La colombe poignardée et le jet d'eau - Guillaume Apollinaire
» Otaku-webshop ferme ses portes
» Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
» Guillaume Apollinaire
» Vent de novembre (hommage à Guillaume Apollinaire)
» Otaku-webshop ferme ses portes
» Les neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)
» Guillaume Apollinaire
» Vent de novembre (hommage à Guillaume Apollinaire)
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum





