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le vieil indien (par Den.hall)
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le vieil indien (par Den.hall)
Le vieil indien
Le vieil indien d’était assis au bord de la rivière, guidé par les esprits, peut-être, avec lesquels il entretenait des dialogues intérieurs, qui lui dictaient ses choix et lui donnaient le sens de sa vie.
Ses articulations douloureuses lui interdisaient la position de réflexion, en tailleur, de communion avec l’au-delà, il laissa donc ses jambes pendantes et posa ses mains sur ses genoux.
Il ferma les yeux, des incantations de sa bouche s’élevèrent…..
Il revoyait les chevauchées colorées et haineuses, qu’il menait contre l’envahisseur, le blanc.
L’odeur des scalps, attachés à la selle des chevaux, putride, qui l’enivrait, qui ne lui laissait que le bonheur suprême d’avoir été le plus fort et d’avoir pris la vie pour l’offrir aux esprits.
Esprit de la terre, de la fertilité, du vent…..
Il revoyait, l’immensité macabre, où gisaient des milliers de cadavres de bisons à l’infini, la puanteur s’élevant et qui l’avait laissé désemparé.
Il revoyait les tuniques bleues, en nombre supérieur, qui avaient brûlé son village, épargnant femmes et enfants et qui, pour dédommagement, leur avaient offert un exil doré dans une terre inconnue, froide, aride, exigüe et sans bisons.
La longue procession des chariots improvisés, dans la neige, où tous se taisaient, abasourdis du poids de l’incompréhension.
Il avait laissé la terre de ses ancêtres et surtout leurs esprits.ils ne pourraient plus honorer leur mémoire et il savait que le domaine des morts désormais lui était interdit.
Le capitaine, las, les cheveux gris se retourna. Il laissait le fort, presque en l’état d’abandon, seul le drapeau de l’Union flottait.
Il le descendit, fit le salut militaire, le plia délicatement et le mit dans son sac.
Il regardait autour de lui .Des baraques s’élevaient, poussaient comme des champignons.la découverte du filon avait attiré sont lot d’assoiffés et de profiteurs.
Les bagarres étaient quotidiennes, les meurtres aussi, pour une concession ou quelques pépites.
Il se retourna, le regard abattu, fatigué. Il ouvrit sa montre, la photo de sa femme, jeune, souriante avec leur fils qu’il n’avait pas vu depuis tant d’années.
Il avait donné son existence à l’Union, ce drapeau, ses étoiles c’était le sens de sa vie.
Il salua une dernière fois le fort, le bruit des galops des chevaux au son du clairon, les chansons militaires montaient, fantômes inutiles.
L’odeur des morts, il ne pouvait l’oublier et collait à lui comme une sangsue vorace.
Le vieil indien avait entendu le bruit derrière lui. Son ouïe était devenue imparfaite mais tous ses sens en éveil, il avait compris.
L’ours était là, noir.
Le capitaine, sur son cheval, aussi fatigué que lui, sentit une douleur dans la poitrine. Lentement, il se laissa tomber, sa main se crispa sur sa montre, il souriait, délivré.
Notre Passeur arriva à la porte du paradis pour l’un, à la porte du royaume des morts pour l’autre.
La porte était la même.
Elle s’ouvrit et pénétrèrent ensemble, deux âmes semblables qui venaient demander le pardon et la résurrection.
Le vieil indien d’était assis au bord de la rivière, guidé par les esprits, peut-être, avec lesquels il entretenait des dialogues intérieurs, qui lui dictaient ses choix et lui donnaient le sens de sa vie.
Ses articulations douloureuses lui interdisaient la position de réflexion, en tailleur, de communion avec l’au-delà, il laissa donc ses jambes pendantes et posa ses mains sur ses genoux.
Il ferma les yeux, des incantations de sa bouche s’élevèrent…..
Il revoyait les chevauchées colorées et haineuses, qu’il menait contre l’envahisseur, le blanc.
L’odeur des scalps, attachés à la selle des chevaux, putride, qui l’enivrait, qui ne lui laissait que le bonheur suprême d’avoir été le plus fort et d’avoir pris la vie pour l’offrir aux esprits.
Esprit de la terre, de la fertilité, du vent…..
Il revoyait, l’immensité macabre, où gisaient des milliers de cadavres de bisons à l’infini, la puanteur s’élevant et qui l’avait laissé désemparé.
Il revoyait les tuniques bleues, en nombre supérieur, qui avaient brûlé son village, épargnant femmes et enfants et qui, pour dédommagement, leur avaient offert un exil doré dans une terre inconnue, froide, aride, exigüe et sans bisons.
La longue procession des chariots improvisés, dans la neige, où tous se taisaient, abasourdis du poids de l’incompréhension.
Il avait laissé la terre de ses ancêtres et surtout leurs esprits.ils ne pourraient plus honorer leur mémoire et il savait que le domaine des morts désormais lui était interdit.
Le capitaine, las, les cheveux gris se retourna. Il laissait le fort, presque en l’état d’abandon, seul le drapeau de l’Union flottait.
Il le descendit, fit le salut militaire, le plia délicatement et le mit dans son sac.
Il regardait autour de lui .Des baraques s’élevaient, poussaient comme des champignons.la découverte du filon avait attiré sont lot d’assoiffés et de profiteurs.
Les bagarres étaient quotidiennes, les meurtres aussi, pour une concession ou quelques pépites.
Il se retourna, le regard abattu, fatigué. Il ouvrit sa montre, la photo de sa femme, jeune, souriante avec leur fils qu’il n’avait pas vu depuis tant d’années.
Il avait donné son existence à l’Union, ce drapeau, ses étoiles c’était le sens de sa vie.
Il salua une dernière fois le fort, le bruit des galops des chevaux au son du clairon, les chansons militaires montaient, fantômes inutiles.
L’odeur des morts, il ne pouvait l’oublier et collait à lui comme une sangsue vorace.
Le vieil indien avait entendu le bruit derrière lui. Son ouïe était devenue imparfaite mais tous ses sens en éveil, il avait compris.
L’ours était là, noir.
Le capitaine, sur son cheval, aussi fatigué que lui, sentit une douleur dans la poitrine. Lentement, il se laissa tomber, sa main se crispa sur sa montre, il souriait, délivré.
Notre Passeur arriva à la porte du paradis pour l’un, à la porte du royaume des morts pour l’autre.
La porte était la même.
Elle s’ouvrit et pénétrèrent ensemble, deux âmes semblables qui venaient demander le pardon et la résurrection.
Invité- Invité
Re: le vieil indien (par Den.hall)
Un récit ou deux vies se croisent ...
où le bout du chemin ne devient qu'un
Un très beau texte ... très bien écrit ..
J'ai aimé
Marie
où le bout du chemin ne devient qu'un
Un très beau texte ... très bien écrit ..
J'ai aimé
Marie
_________________
La poésie est une sorte de musique, il faut l'entendre pour en juger ..(Voltaire)


Marie- Admin
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Localisation: Canada
Date d'inscription: 15/06/2008
Re: le vieil indien (par Den.hall)
Très belle histoire la fin surprenante est particulièrement réussie ! (et heureuse, à mon sens)
Re: le vieil indien (par Den.hall)
Denise...tu nous racontes là une bien belle histoire à la fin heureuse..Merci..
LOU..
LOU..
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Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.
(Confucius)
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