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Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
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Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
En 1990, j'étais en mission en Slovénie dans la capitale Ljublyana. Ce petit pays blotti aux pieds des Alpes faisait encore partie de la Yougoslavie mais on y discutait fort d'indépendance. Levé matin, j'étais à observer la ville et au loin, le magnifique paysage de montagnes qui me rappelait les reliefs hélvétiques. J'aimais, dans la sérénité de l'aube, regarder les rues s'animer. J'attendais pour très bientôt une mission supplémentaire qui devait me parvenir par l'Autriche. Le temps commençait à me paraître long à observer la situation politique en vue de renseigner mon supérieur stationné secrètement quelque part en Europe de l'ouest.
Pendant que je prenais mon café-cognac, je reçus un message de me présenter à un bistrot de la place du marché en vue de recevoir des instructions. Le temps de me préparer rapidement, d'enfiler mon gilet pare-balles et d'emporter quelques instruments peu visibles de protection et me voilà dans la rue. " Hep ! Taxi ! "
En m'approchant des lieux, j'observe les alentours et tout me semble normal, bien que déjà animé. Excellente façon de se fondre dans l'environnement! En mission, je n'aime pas fréquenter les endroits trop déserts. Je m'assieds donc à un petit bar de façon à observer tout ce qui se passe à l'intérieur et tout ce qui peut venir de la rue. Le garçon arrive. Je commande sur le menu écrit en slovène auquel je ne comprends absolument rien, en pointant du doigt. Il revient avec un jus d'orange et une assiette qui ressemble à une omelette aux poisson frits et me donne une enveloppe assez volumineuse. Je prends, je lui laisse quelques dinars pour la facture et je sors sans manger.
Revenu à l'hôtel, je lis mon message. Il s'agit de retrouver et de rapatrier à Toronto trois enfants qui ont été enlevés par leur père, deux fillettes et un petit garçon de cinq ans. Ces enfants sont citoyens canadiens et doivent rentrer dans leur pays auprès de leur mère. Il y a trois photos des enfants qui datent de plus d’une année et celle de la mère.
Le lendemain, je commence donc à m'informer à droite et à gauche, de la présence de trois enfants étrangers dans la ville. Par chance et grâce à quelques pourboires, je les retrouve assez rapidement. Il s'agit maintenant de les faire sortir d'ici en douce, en secret et surtout sans leur provoquer de traumatisme.
Pour y parvenir, j'entre au poste de police avec mon mandat et je demande à parler au chef. Celui-ci me reçoit somptueusement dans son bureau. Il se sent flatté d'avoir à traiter une affaire internationale. Je lui donne “ l'enveloppe " habituelle pour le dédommager de son travail en échange de quoi, il m'accorde sa collaboration. Il ne s'agit pas d'un pot-de-vin, mais d'une façon habituelle de procéder prévue dans nos règlements. Nous en venons à une entente. Il arrêtera le père pour l'interroger pendant un maximum de deux heures sur un sujet quelconque, et moi, je ne disposerai que de ce temps pour rencontrer les enfants, les persuader et pour partir à Belgrade où une dame les attend dans une chambre d'hôtel déjà réservée à cette fin. Les billets d'avion à destination de Toronto sont achetés.
C’est une journée radieuse qui s’annonce quand je me poste en vue de la maison à l’heure convenue. J’ai déjà en main la photographie de la mère dont je veux me servir pour rassurer et persuader les enfants de nous suivre. C’est une Torontoise dans la mi-trentaine, plutôt jolie et qui arbore un magnifique sourire.
Puis, soudain je lève les yeux et vois deux policiers arriver et sonner à la porte. Un homme leur répond. Je suppose qu’ils lui demandent de les suivre et après quelques minutes de discussion, il sort et tous trois partent en voiture.
Plus un instant à perdre. Aussitôt que le père disparaît, je sonne. Je suis accompagné d’une dame qui est censée venir avec eux à Belgrade. On ouvre. Une fillette d’une dizaine d’années, suivie de sa soeur cadette et d’un garçonnet de cinq ans, correspondent aux photos que j’ai en ma possession. Je me présente en anglais, c’est la langue qu’ils comprennent. Je demande à entrer et à m’asseoir. Ouf ! Il ne s’agit pas de les effrayer. Je leur montre une enveloppe et leur dit qu’elle contient une belle surprise pour eux. Les fillettes ne semblent pas trop intimidées.
Arrivé au salon, je sors la photo de leur mère en les informant que c’est elle qui nous envoie les visiter pour prendre de leurs nouvelles. La soeur cadette s’écrie “ Maman “ tandis que l’aînée essuie une larme en reconnaissant sa mère. La vue de cette photo les rassure. Quant au garçonnet, il ne bronche pas. Il conserve même un petit air hostile. Pour lui, sa maman l’a abandonné puisqu’elle n’est plus avec eux. Je sens que c’est déjà gagné avec elles. Je n’aurai pas de difficulté à les persuader, mais le fils m’inquiète.
En effet, après leur avoir expliqué qu’on allait visiter maman et qu’il faudra bientôt partir, les deux fillettes sont d’accord, mais Kerry, (c’est son nom) refuse obstinément. Il veut rester avec son père. Il tempête. Il crie. Il veut attendre qu’il revienne et qu’il les accompagne. Ses soeurs tentent de le convaincre, pas question, c’est non ! Je regarde ma montre. Il y a déjà trois quarts d’heure d’écoulés. Il me reste peu de temps pour le persuader. Car il faut partir avant que le père revienne.
Je commence donc à négocier avec le fiston récalcitrant. Je m’assieds par terre pour me mettre à sa hauteur et je lui demande quel est son dessert préféré ... Cette négociation m’a semblé la plus longue de toute ma vie. Je promets de lui acheter tout ce qu’il veut : gâteau, crème glacée, tracteur, costume de spiderman, tricycle, voiturette de policier, casque de pompier, caramel, et aussi sa sorte de céréale préférée. C’est presque peine perdue.
Soudain, je me souviens que j’ai en poche un sac de bonbons et chocolats. Je les ai emportés en cas. Je les lui montre et je lui dis : “ Si tu apportes tes trois jouets préférés dans l’auto dans cinq minutes, je te donnerai tous les bonbons. Et vlan ! Voilà l’argument massif. Il se lève, saisit trois jouets. Il me regarde s’il peut en prendre un quatrième. Je lui fais signe que oui. Et nous voilà en route vers l’auto.
La chemin pour Belgrade ne fut trop long. Nous avions un repas de sandwiches et de petites gâteries dans la voiture. Tôt après dîner, on a dû faire une halte pour les besoins urgents et pour manger un glace. Après quoi, Kerry s’est endormi. Avec nos passeports diplomatiques, nous sommes arrivés sans problème à destination.
Pendant que je prenais mon café-cognac, je reçus un message de me présenter à un bistrot de la place du marché en vue de recevoir des instructions. Le temps de me préparer rapidement, d'enfiler mon gilet pare-balles et d'emporter quelques instruments peu visibles de protection et me voilà dans la rue. " Hep ! Taxi ! "
En m'approchant des lieux, j'observe les alentours et tout me semble normal, bien que déjà animé. Excellente façon de se fondre dans l'environnement! En mission, je n'aime pas fréquenter les endroits trop déserts. Je m'assieds donc à un petit bar de façon à observer tout ce qui se passe à l'intérieur et tout ce qui peut venir de la rue. Le garçon arrive. Je commande sur le menu écrit en slovène auquel je ne comprends absolument rien, en pointant du doigt. Il revient avec un jus d'orange et une assiette qui ressemble à une omelette aux poisson frits et me donne une enveloppe assez volumineuse. Je prends, je lui laisse quelques dinars pour la facture et je sors sans manger.
Revenu à l'hôtel, je lis mon message. Il s'agit de retrouver et de rapatrier à Toronto trois enfants qui ont été enlevés par leur père, deux fillettes et un petit garçon de cinq ans. Ces enfants sont citoyens canadiens et doivent rentrer dans leur pays auprès de leur mère. Il y a trois photos des enfants qui datent de plus d’une année et celle de la mère.
Le lendemain, je commence donc à m'informer à droite et à gauche, de la présence de trois enfants étrangers dans la ville. Par chance et grâce à quelques pourboires, je les retrouve assez rapidement. Il s'agit maintenant de les faire sortir d'ici en douce, en secret et surtout sans leur provoquer de traumatisme.
Pour y parvenir, j'entre au poste de police avec mon mandat et je demande à parler au chef. Celui-ci me reçoit somptueusement dans son bureau. Il se sent flatté d'avoir à traiter une affaire internationale. Je lui donne “ l'enveloppe " habituelle pour le dédommager de son travail en échange de quoi, il m'accorde sa collaboration. Il ne s'agit pas d'un pot-de-vin, mais d'une façon habituelle de procéder prévue dans nos règlements. Nous en venons à une entente. Il arrêtera le père pour l'interroger pendant un maximum de deux heures sur un sujet quelconque, et moi, je ne disposerai que de ce temps pour rencontrer les enfants, les persuader et pour partir à Belgrade où une dame les attend dans une chambre d'hôtel déjà réservée à cette fin. Les billets d'avion à destination de Toronto sont achetés.
C’est une journée radieuse qui s’annonce quand je me poste en vue de la maison à l’heure convenue. J’ai déjà en main la photographie de la mère dont je veux me servir pour rassurer et persuader les enfants de nous suivre. C’est une Torontoise dans la mi-trentaine, plutôt jolie et qui arbore un magnifique sourire.
Puis, soudain je lève les yeux et vois deux policiers arriver et sonner à la porte. Un homme leur répond. Je suppose qu’ils lui demandent de les suivre et après quelques minutes de discussion, il sort et tous trois partent en voiture.
Plus un instant à perdre. Aussitôt que le père disparaît, je sonne. Je suis accompagné d’une dame qui est censée venir avec eux à Belgrade. On ouvre. Une fillette d’une dizaine d’années, suivie de sa soeur cadette et d’un garçonnet de cinq ans, correspondent aux photos que j’ai en ma possession. Je me présente en anglais, c’est la langue qu’ils comprennent. Je demande à entrer et à m’asseoir. Ouf ! Il ne s’agit pas de les effrayer. Je leur montre une enveloppe et leur dit qu’elle contient une belle surprise pour eux. Les fillettes ne semblent pas trop intimidées.
Arrivé au salon, je sors la photo de leur mère en les informant que c’est elle qui nous envoie les visiter pour prendre de leurs nouvelles. La soeur cadette s’écrie “ Maman “ tandis que l’aînée essuie une larme en reconnaissant sa mère. La vue de cette photo les rassure. Quant au garçonnet, il ne bronche pas. Il conserve même un petit air hostile. Pour lui, sa maman l’a abandonné puisqu’elle n’est plus avec eux. Je sens que c’est déjà gagné avec elles. Je n’aurai pas de difficulté à les persuader, mais le fils m’inquiète.
En effet, après leur avoir expliqué qu’on allait visiter maman et qu’il faudra bientôt partir, les deux fillettes sont d’accord, mais Kerry, (c’est son nom) refuse obstinément. Il veut rester avec son père. Il tempête. Il crie. Il veut attendre qu’il revienne et qu’il les accompagne. Ses soeurs tentent de le convaincre, pas question, c’est non ! Je regarde ma montre. Il y a déjà trois quarts d’heure d’écoulés. Il me reste peu de temps pour le persuader. Car il faut partir avant que le père revienne.
Je commence donc à négocier avec le fiston récalcitrant. Je m’assieds par terre pour me mettre à sa hauteur et je lui demande quel est son dessert préféré ... Cette négociation m’a semblé la plus longue de toute ma vie. Je promets de lui acheter tout ce qu’il veut : gâteau, crème glacée, tracteur, costume de spiderman, tricycle, voiturette de policier, casque de pompier, caramel, et aussi sa sorte de céréale préférée. C’est presque peine perdue.
Soudain, je me souviens que j’ai en poche un sac de bonbons et chocolats. Je les ai emportés en cas. Je les lui montre et je lui dis : “ Si tu apportes tes trois jouets préférés dans l’auto dans cinq minutes, je te donnerai tous les bonbons. Et vlan ! Voilà l’argument massif. Il se lève, saisit trois jouets. Il me regarde s’il peut en prendre un quatrième. Je lui fais signe que oui. Et nous voilà en route vers l’auto.
La chemin pour Belgrade ne fut trop long. Nous avions un repas de sandwiches et de petites gâteries dans la voiture. Tôt après dîner, on a dû faire une halte pour les besoins urgents et pour manger un glace. Après quoi, Kerry s’est endormi. Avec nos passeports diplomatiques, nous sommes arrivés sans problème à destination.
Dernière édition par franz le Ven 23 Juil - 7:55, édité 1 fois
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Re: Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
Pas un commentaire ! J'aurais aimé qu'on me trouve au moins quelques fautes d'orthographe. Il y en a sûrement. 
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Re: Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
Qu'il en soit fait selon ton désir : "Je lui laisse quelques tolars" est-il fait exprès ou voulais tu mettre "dollars" ? "Je reçus un message de me présenter" est incorrect. "et leur dis" avec S. " manque après "bonbons".
"Le chemin ne fut /pas/ trop long."
Par curiosité : qu'est-ce qui a motivé ce récit ? Est-il fictif ? Est-ce un mini roman ?
"Le chemin ne fut /pas/ trop long."
Par curiosité : qu'est-ce qui a motivé ce récit ? Est-il fictif ? Est-ce un mini roman ?
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Re: Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
Lasource a écrit:Qu'il en soit fait selon ton désir : "Je lui laisse quelques tolars" est-il fait exprès ou voulais tu mettre "dollars" ? "Je reçus un message de me présenter" est incorrect. "et leur dis" avec S. " manque après "bonbons".
"Le chemin ne fut /pas/ trop long."
Par curiosité : qu'est-ce qui a motivé ce récit ? Est-il fictif ? Est-ce un mini roman ?
C'est un un fait qui est déjà arrivé.
Le mot dollar vient d'un vieux mot allemand thaller ou thollar qui était une devise monétaire du Moyen-Âge. En Slovenie, la devise monétaire s'appelait tolar, mot dont la graphie provient probablement de la même éthymologie. Aujourd'hui, je pense que ce pays est passé à l'euro.
Je suis content que tu aies signalé des fautes d'orthographe, mais je ne trouve pas ce qui est incorrect. Peux-tu m'expliquer ?
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Re: Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
Si je puis me permettre une petite rectification ...
En 1990 la Slovénie faisait encore partie de la Yougoslavie .
et le dinar était la monnaie du pays .
Le tolar est entré en vigueur en octobre 1991 , enfin il me semble ...
Marie
En 1990 la Slovénie faisait encore partie de la Yougoslavie .
et le dinar était la monnaie du pays .
Le tolar est entré en vigueur en octobre 1991 , enfin il me semble ...
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La poésie est une sorte de musique, il faut l'entendre pour en juger ..(Voltaire)


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Date d'inscription: 15/06/2008
Re: Enfant-retour de Slovénie.(par Franz)
Tu as raison. C'est vers octobre 1991 qu'ils ont changé la devise monétaire. C'est que je suis resté là-bas durant toute la période d'indépendance. Je corrige la devise.
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