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Allégorie (par Aralf)
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Allégorie (par Aralf)
Un poème que je viens de finir, ou plutôt de commencer, tant je le sens imparfait.
C'est le premier jet et je compte beaucoup sur vos avis sur le fond et la forme et sur vos critiques objectives pour l'améliorer...
(format image + texte en clair plus bas pour si ce n'était pas très lisible...)

Allégorie
Ils te traînent dans la rue et te revêtent
De robes d’or ou de sales oripeaux ;
Te couvrent de strass des pieds jusqu’à la tête,
De faux diamants qui t’irritent la peau.
Fardée toujours et maquillée à outrance,
Serrant ton corset pour te mincir encor’
Sans se demander du fond de leur démence
Si tu peux respirer. Ignorant ton corps,
Ils gonflent tes appâts de leurs artifices,
Pour que les regards des valets et des rois,
Se tournent vers eux les yeux pleins de malice,
Faisant à leur goût les règles et les lois.
Comme d’une guigne ils se fichent de toi,
Te tiennent la main à blanchir tes phalanges,
Pour faire croire que tu vis sous leur toit
Tout comme dans le ciel demeurent les anges,
Bienheureux et libres de leurs mouvements.
Pour la devanture ils te forcent à sourire,
Puis t’enferment à clé en leur appartement.
Aux fenêtres là haut les rideaux se tirent ;
Ils t’insultent, ils te battent, ils te bafouent
Et leur vil désir salissant ta fierté
Ils se moquent de toi, hurlent comme fous,
Jettent au cachot ton vœux de liberté.
Tu t’échappes parfois et reviens vers chez moi ;
J’aime prendre le temps de te redécouvrir
Et tendrement, doucement, masquant mon émoi,
De te déshabiller, ressentant ton désir.
Je te préfère nue ; qu’importe si ton corps
N’a pas toujours beauté que l’on dit dans les livres,
Et si ta peau parfois est bien moins douce encor’,
Que celle satinée des filles au coeur de givre.
Au moins je suis certain que sous mes mains jamais,
Tu ne feras semblant de vivre des délices.
Je te préfère ainsi et toujours souffrirai,
De trouver sur ton dos autant de cicatrices.
Je te préfère à moi, qu’importe que tes mots
Douloureux ou cruels me blessent si souvent.
Mais malgré cet amour que je voudrais si haut
Dans mon esprit parfois souffle comme grand vent
Des idées qui m’effraient ne voulant ressembler
A ces autres amants qui se servent de toi
Et parfois je t’entends le matin t’en aller
Et je sais que ce jour tu vivras sous la loi
Des hommes sans honneur
Vêtue, fardée, travestie…
Alors
Je pleure doucement sur nos instants précieux
Ô ma cruelle Vérité
Ô ma belle Vérité
Ô ma douce Vérité
Que j’ai serrée dans mes bras,
Toute nue, déshabillée.
C'est le premier jet et je compte beaucoup sur vos avis sur le fond et la forme et sur vos critiques objectives pour l'améliorer...
(format image + texte en clair plus bas pour si ce n'était pas très lisible...)

Allégorie
Ils te traînent dans la rue et te revêtent
De robes d’or ou de sales oripeaux ;
Te couvrent de strass des pieds jusqu’à la tête,
De faux diamants qui t’irritent la peau.
Fardée toujours et maquillée à outrance,
Serrant ton corset pour te mincir encor’
Sans se demander du fond de leur démence
Si tu peux respirer. Ignorant ton corps,
Ils gonflent tes appâts de leurs artifices,
Pour que les regards des valets et des rois,
Se tournent vers eux les yeux pleins de malice,
Faisant à leur goût les règles et les lois.
Comme d’une guigne ils se fichent de toi,
Te tiennent la main à blanchir tes phalanges,
Pour faire croire que tu vis sous leur toit
Tout comme dans le ciel demeurent les anges,
Bienheureux et libres de leurs mouvements.
Pour la devanture ils te forcent à sourire,
Puis t’enferment à clé en leur appartement.
Aux fenêtres là haut les rideaux se tirent ;
Ils t’insultent, ils te battent, ils te bafouent
Et leur vil désir salissant ta fierté
Ils se moquent de toi, hurlent comme fous,
Jettent au cachot ton vœux de liberté.
Tu t’échappes parfois et reviens vers chez moi ;
J’aime prendre le temps de te redécouvrir
Et tendrement, doucement, masquant mon émoi,
De te déshabiller, ressentant ton désir.
Je te préfère nue ; qu’importe si ton corps
N’a pas toujours beauté que l’on dit dans les livres,
Et si ta peau parfois est bien moins douce encor’,
Que celle satinée des filles au coeur de givre.
Au moins je suis certain que sous mes mains jamais,
Tu ne feras semblant de vivre des délices.
Je te préfère ainsi et toujours souffrirai,
De trouver sur ton dos autant de cicatrices.
Je te préfère à moi, qu’importe que tes mots
Douloureux ou cruels me blessent si souvent.
Mais malgré cet amour que je voudrais si haut
Dans mon esprit parfois souffle comme grand vent
Des idées qui m’effraient ne voulant ressembler
A ces autres amants qui se servent de toi
Et parfois je t’entends le matin t’en aller
Et je sais que ce jour tu vivras sous la loi
Des hommes sans honneur
Vêtue, fardée, travestie…
Alors
Je pleure doucement sur nos instants précieux
Ô ma cruelle Vérité
Ô ma belle Vérité
Ô ma douce Vérité
Que j’ai serrée dans mes bras,
Toute nue, déshabillée.
Re: Allégorie (par Aralf)
Tout d'abord, je dois dire que je me lance ... sans vraiment connaitre les règles de la poésie...alors j'y vais avec mon coeur ...
Une belle histoire prend forme sous ta plume ... une histoire trop souvent vécue mais passée sous silence ... sans doute parce que la vie de ces femmes dérange ...Et l'émotion monte à mesure que la lecture avance ... à la troisième strophe pointe les sentiments ... la pudeur , la douceur ... et à la fin l'amour profond et sincère ...
J'ai relu plusieurs fois ... et à la lecture des deux premières strophes ... ma respiration restait en suspens... le fait que ces deux strophes soit en onze pieds donne de la puissance aux mots,j'avais chaque fois l'impression d'attendre quelque chose sans vraiment savoir quoi . Dans la 3ieme strophe entre en jeu l'amour sous la douceur du 12 pieds .
Mais arrivée à la toute fin ... je me suis questionnée ...
ne serait-il pas question ... de Vérité ...
Peut on comparer la vérité à une prostituée ... je pense que oui.
Où alors serait-ce comparer la prostituée à la Vérité ?
La vérité ... travestie, bafouée , agressée et pourtant aimée que l'on cotoie tous les jours dans bien des petits gestes de la vie ?Sans vouloir la connaître vraiment
La prostituée ... que l'on croise en baissant la tête de peur de découvrir au fond de son regard ... le besoin d'être aimée .
Un poème puissant ... sincère ... qui nous met sur la route du questionnement
j'ai beaucoup aimé ma lecture
Mais surtout ... dis moi ... car mon interprétation est toute personnelle ...
Marie
Une belle histoire prend forme sous ta plume ... une histoire trop souvent vécue mais passée sous silence ... sans doute parce que la vie de ces femmes dérange ...Et l'émotion monte à mesure que la lecture avance ... à la troisième strophe pointe les sentiments ... la pudeur , la douceur ... et à la fin l'amour profond et sincère ...
J'ai relu plusieurs fois ... et à la lecture des deux premières strophes ... ma respiration restait en suspens... le fait que ces deux strophes soit en onze pieds donne de la puissance aux mots,j'avais chaque fois l'impression d'attendre quelque chose sans vraiment savoir quoi . Dans la 3ieme strophe entre en jeu l'amour sous la douceur du 12 pieds .
Mais arrivée à la toute fin ... je me suis questionnée ...
ne serait-il pas question ... de Vérité ...
Peut on comparer la vérité à une prostituée ... je pense que oui.
Où alors serait-ce comparer la prostituée à la Vérité ?
La vérité ... travestie, bafouée , agressée et pourtant aimée que l'on cotoie tous les jours dans bien des petits gestes de la vie ?Sans vouloir la connaître vraiment
La prostituée ... que l'on croise en baissant la tête de peur de découvrir au fond de son regard ... le besoin d'être aimée .
Un poème puissant ... sincère ... qui nous met sur la route du questionnement
j'ai beaucoup aimé ma lecture
Mais surtout ... dis moi ... car mon interprétation est toute personnelle ...
Marie
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La poésie est une sorte de musique, il faut l'entendre pour en juger ..(Voltaire)


Marie- Admin
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Re: Allégorie (par Aralf)
Un grand merci pour cette réflexion très intéressante et pour ton analyse...
Sur la forme en effet j'ai volontairement introduit un léger changement de rythme pour marquer la différence entre les 2 premières strophes (les relations entre Vérité et les autres) et les 2 suivantes (les relations entre Vérité et le narrateur)
Sur le fond, le début de l'histoire laisse en effet penser à une prostitué qui subit la violence et la perversité de ses clients et à l'amour un peu plus sincère de l'un d'entre eux.
Mais comme le titre l'indique il s'agit d'une pure allégorie, puisque cette femme est l'incarnation de la Vérité.
Ses clients habituels s'en servent de caution et la font tricher : ne dit-on pas "habiller la vérité" ou "maquiller la vérité". Ils ne la respectent pas, ils veulent juste qu'on la voie à leur coté pour donner l'image de l'honnêteté; ensuite ils n'hésitent pas non plus à la violer et à la brutaliser pour la plier à leurs desseins.
Le narrateur est l'homme honnête (je n'ai pas la prétention de dire que c'est moi...) qui accepte de regarder la Vérité sans fard, ni habits trompeurs. Il l'accepte et l'aime telle qu'elle est au dessous des artifices; c'est à dire pas toujours aussi belle que les autres voudraient le faire croire. Il accepte aussi d'écouter ses propos parfois difficiles à entendre (et oui, la vérité est parfois cruelle...). Et puis il y'a ensuite la tentation de faire comme les autres et l'arranger à sa façon, bref de mentir...
Sur la forme en effet j'ai volontairement introduit un léger changement de rythme pour marquer la différence entre les 2 premières strophes (les relations entre Vérité et les autres) et les 2 suivantes (les relations entre Vérité et le narrateur)
Sur le fond, le début de l'histoire laisse en effet penser à une prostitué qui subit la violence et la perversité de ses clients et à l'amour un peu plus sincère de l'un d'entre eux.
Mais comme le titre l'indique il s'agit d'une pure allégorie, puisque cette femme est l'incarnation de la Vérité.
Ses clients habituels s'en servent de caution et la font tricher : ne dit-on pas "habiller la vérité" ou "maquiller la vérité". Ils ne la respectent pas, ils veulent juste qu'on la voie à leur coté pour donner l'image de l'honnêteté; ensuite ils n'hésitent pas non plus à la violer et à la brutaliser pour la plier à leurs desseins.
Le narrateur est l'homme honnête (je n'ai pas la prétention de dire que c'est moi...) qui accepte de regarder la Vérité sans fard, ni habits trompeurs. Il l'accepte et l'aime telle qu'elle est au dessous des artifices; c'est à dire pas toujours aussi belle que les autres voudraient le faire croire. Il accepte aussi d'écouter ses propos parfois difficiles à entendre (et oui, la vérité est parfois cruelle...). Et puis il y'a ensuite la tentation de faire comme les autres et l'arranger à sa façon, bref de mentir...
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